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Justice à deux vitesses entre les agriculteurs et l'affaire Lyhanna ? Le préfet d'Occitanie répond aux attaques de la Coordination Rurale

INTERVIEWS SUD RADIO - Mis en cause la veille par Lionel Candelon de la Coordination Rurale, qui estimait que la justice avait fait étalage de moyens disproportionnés en janvier dernier contre les agriculteurs mais rien fait contre Jérôme Barella, le suspect n°1 dans l'affaire Lyhanna, Pierre-André Durand, le préfet de région Occitanie et de Haute-Garonne, a tenu à réagir ce ce matin au micro de Sud Radio.

(Photo AFP)

Alors que le corps de la jeune fille retrouvée hier n'a toujours pas été identifié, sept jours après la disparition de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance dans le Gers, chaque jour qui passe apporte son lot de révélations sur Jérôme Barella, 41 ans, mis en examen pour séquestration depuis qu'il a été vu vendredi dernier pour la dernière en compagnie de Lyhanna, la faisant monter dans sa voiture.

Pas moins de six signalements et plaintes contre ce suspect numéro 1 ont en effet été révélés au grand jour, pour des premiers faits de viols ou d'agressions sexuelles qui remonteraient à 2017. Des faits classés ou laissés sans suite par la justice, qui mettent en avant de possibles dysfonctionnements dans le traitement des plaintes pour viol mettant en cause cet homme.

Au micro de Sud Radio, Lionel Candelon, responsable de la Coordination Rurale dans le Gers, s'est insurgé hier contre ce qu'il estime être une justice à deux vitesses, en capacité de passer la vitesse supérieure quand elle le veut bien.

Candelon : « Le parquet d'Auch a des moyens considérables, des moyens lunaires ! »

« J'ai entendu M. Patrick Vignal, sur votre antenne hier (dans l'émission « Les Vraies Voix »), dire que la justice n'a pas de moyens. Je vous garantis que la justice du Gers, le parquet d'Auch, a des moyens considérables, des moyens lunaires, parce qu'en l'espace de moins d'un an, j'ai fait l'objet de quatre auditions, deux pour des posts Facebook, une pour une manifestation agricole et j'ai même fait sept heures de garde à vue à Toulouse pour avoir été à pied devant l'aéroport de Blagnac ! »

Et d'étayer son propos : « Il y a 30 agriculteurs entre le 1er février et aujourd'hui - parce que ce vendredi, j'ai encore un agriculteur qui va être auditionné au commissariat de police à coup de trois heures d'audition - ça fait 90 heures de travail juste pour des auditions d'agriculteurs, pour des manifestations, et là on apprend que pendant un seul laps de temps, on avait un violeur, un pédophile qui se baladait, libre comme l'air, dans notre département à 30 km de chez nous ! »

Candelon : « 200 gendarmes pour nous bloquer et personne pour continuer l'enquête sur ce violeur-là ?! »

« Mais on est où là ? On est dans quel pays ? Parce que pour les agriculteurs du Gers, le 9 janvier (lors du mouvement de colère agricole), la gendarmerie de Lectoure (dans le Gers) a eu le dossier pour les prescriptions de la procureure de Auch pour continuer l'enquête sur ce violeur-là (un dépôt de plainte contre Jérôme Barella, finalement classé sans suite). Mais excusez-moi ! La veille, il y avait 200 gendarmes qui bloquaient toutes les routes du département pour nous empêcher de rejoindre la capitale d'Occitanie, Toulouse, en tracteur ! On n'avait pas d'autres moyens à mettre que sur les agriculteurs ? Franchement !... »

Le préfet Durand : « Monsieur Candelon opère des amalgames »

Pointé du doigt, Pierre-André Durand, le préfet de région Occitanie et de Haute-Garonne, a tenu à réagir ce ce matin au micro de Sud Radio : « Les propos tenus par Monsieur Candelon sont totalement inappropriés et je dirais même indécents. Il opère des amalgames entre l'affaire tragique qui frappe le département du Gers et par ailleurs des affaires judiciaires qui mettent en cause la Coordination Rurale. Il se garde bien d'indiquer que lors des manifestations agricoles de janvier dernier, il y a eu près de 17 millions de dégâts dans la région, encore plus de 5 millions dans le seul département du Gers. »

Le préfet Pierre-André Durand : « On ne peut pas mélanger les périodes ni les circonstances »

« On ne peut pas mélanger les périodes ni les circonstances, entre un drame horrible de nature pédophile, semble-t-il, et des manifestations violentes qui se sont tenues il y a plusieurs mois. », a-t-il conclu.

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