Après plusieurs semaines marquées par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, des Pyrénées-Orientales à la Drôme en passant par l’Île-de-France, les autorités sanitaires mettent en garde contre un danger invisible : les fumées. Elles peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres et dégrader fortement la qualité de l’air, y compris loin des flammes. Dans une expertise publiée ce mois de juillet, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) rappelle que leurs effets sur la santé sont nombreux, immédiats comme à plus long terme.
Un mélange complexe de milliers de substances
Contrairement à la pollution atmosphérique “classique”, les fumées d’incendie sont un mélange complexe de milliers de substances. Elles contiennent notamment de très fines particules (PM2,5), mais aussi du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils, des hydrocarbures aromatiques polycycliques ou encore des métaux, dont la composition varie selon ce qui brûle : végétation, habitations, véhicules ou installations industrielles. Ces particules ultra-fines pénètrent profondément dans les poumons et peuvent même passer dans la circulation sanguine, ce qui explique leur forte toxicité. L’Anses souligne qu’elles présentent un danger sanitaire supérieur à celui des particules issues des transports ou de l’industrie.
Augmentation des problèmes respiratoires et cardiovasculaires
Les premiers effets apparaissent rapidement : irritation des yeux, du nez et de la gorge, toux, essoufflement ou aggravation de maladies respiratoires comme l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Les fumées peuvent également augmenter le risque d’hospitalisation pour des problèmes respiratoires et cardiovasculaires. Les personnes les plus fragiles – enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques – sont particulièrement exposées, tout comme les pompiers mobilisés sur les feux. En cas d’exposition répétée, les scientifiques suspectent aussi des effets à long terme sur les systèmes respiratoire, cardiovasculaire et neurologique, même si certaines questions restent à approfondir.
Des particules transportées sur de longues distances
L’Anses recommande avant tout d’éviter les activités physiques en extérieur lorsque les fumées sont présentes, de rester autant que possible dans des lieux clos en gardant portes et fenêtres fermées lorsque le panache est important, et de suivre les consignes des autorités locales. Les personnes fragiles doivent être particulièrement vigilantes et consulter un médecin en cas de difficultés respiratoires ou de symptômes inhabituels. Les autorités rappellent enfin que la fumée peut rester dangereuse même lorsque l’incendie est éloigné, les particules pouvant être transportées sur de longues distances par le vent.