À moins d'un an de l'élection présidentielle, les cadres du Rassemblement national se sont réunis la semaine dernière pour travailler sur le futur programme de Marine Le Pen. Parmi les sujets abordés : celui de l'interdiction du port du voile. Longtemps défendue dans l'ensemble de l'espace public, cette proposition pourrait désormais être soumise à référendum, alors que le sujet fait débat au sein même du parti.
Une mesure qui divise désormais au sein du RN
Depuis 2012, Marine Le Pen fait de l'interdiction du port du voile dans l'espace public l'un des marqueurs de son projet politique. Au fil de ses campagnes présidentielles, la mesure a évolué jusqu'à figurer dans son programme de 2022, où elle proposait d'interdire le "voile islamiste" dans la rue et les lieux publics.
À l'approche de 2027, le sujet semble toutefois révéler des nuances au sein du parti. Là où Marine Le Pen reste attachée à cette mesure, certains responsables du RN - dont Jordan Bardella - se montrent plus prudent et s'interrogent sur la faisabilité juridique d'une telle mesure, mais aussi sur son impact politique. Pour éviter de renoncer à cette proposition emblématique tout en tenant compte de ces réserves, le parti privilégierait désormais la voie d'un référendum.
Chenu confirme la piste du référendum
Invité de la matinale de TF1 ce lundi 21 juillet, le vice-président du RN, Sébastien Chenu, a confirmé que cette hypothèse était désormais privilégiée. "L'objectif, c'est qu'on ne voie plus le voile, symbole de l'islamisme, dans notre pays", a-t-il déclaré. Il a toutefois expliqué que le parti souhaitait avancer "par étapes", en visant d'abord les bâtiments publics, les universités ou encore la fonction publique, avant d'envisager d'aller plus loin.
🇫🇷 Marine Le Pen a-t-elle raison de proposer un référendum sur le voile ?
— Sud Radio (@SudRadio) July 17, 2026
🗣️ Luc, auditeur de Sud Radio :"Je ne pense pas que l'islam soit compatible avec la République"
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Une interdiction générale compatible avec la Constitution ?
Aujourd'hui, la loi française encadre déjà le port des signes religieux dans certaines situations précises. Les élèves des écoles publiques sont soumis à une obligation de neutralité, tout comme les agents de la fonction publique dans l'exercice de leurs fonctions. En revanche, aucune interdiction générale ne s'applique dans l'ensemble de l'espace public.
Pour de nombreux constitutionnalistes, une interdiction généralisée du voile pourrait entrer en conflit avec plusieurs libertés fondamentales garanties par la Constitution, notamment la liberté de conscience, la liberté religieuse et la liberté individuelle.
Même en cas d'adoption, une telle loi pourrait enfin être contestée devant les juridictions françaises ou européennes, notamment au regard de la Convention européenne des droits de l'homme.
Le référendum ne permet pas de contourner le droit
En France, une loi adoptée par référendum doit elle aussi respecter les principes constitutionnels. Le recours au vote populaire ne permet pas de s'affranchir des libertés fondamentales protégées par la Constitution. À moins d'une révision constitutionnelle préalable, une interdiction générale du port du voile dans l'espace public pourrait donc être censurée.
À l'approche de la présidentielle de 2027, le débat est donc autant politique que juridique. Reste à savoir si le RN retiendra définitivement cette option dans son programme ou s'il fera évoluer sa position dans les prochains mois.