"Un ultime hommage à l’ami André, corse, bâtisseur et bon vivant. Il était l’un des derniers dinosaures d’une Ve République jurassique, celle des grands animaux politiques capables d’imprimer leur époque, pas seulement avec des bons mots, mais surtout avec des actes. André Santini s’est éteint à 85 ans, très affaibli par la maladie. Le maire centriste d’Issy-les-Moulineaux avait tenu à se faire réélire pour une 46e année consécutive à la tête de son fief des Hauts-de-Seine, jadis socialiste, qu’il aura transformé en une ville attractive, dynamique, attirant les grands sièges de sociétés, ancrée dans le numérique et les enjeux du développement durable"
"C’est Charles Pasqua, héritier du gaullisme, son mentor en politique, qui l’a poussé à s’investir dans cette ville de banlieue qui ne demandait qu’à connaître un nouvel essor. Né à Paris, il avait en commun avec le vieux Charles, originaire lui de Grasse, d’appartenir à la diaspora corse. Tous deux parlaient la langue sans avoir grandi dans l’île. Un autre monde. André Santini était un abonné des bons mots, qu’il délivrait avec gourmandise, le cigare coincé entre les lèvres, lui qui s’était vu décerner en 1989 le prix de l’humour politique, avec cette tirade sur l’ancien garde des sceaux de François Mitterrand : « Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland. »
"André Santini était un maire-bâtisseur"
"Isséen moi-même, j’étais allé il y a quelque temps lui rendre visite dans sa mairie. J’avais été reçu par un homme bienveillant, amoureux de sa ville, de ses communautés, corse et arménienne, soucieux du lien social, de la sécurité. André Santini était au crépuscule de sa vie, laissant les succès mais aussi les polémiques derrière lui, me demandant avec de la nostalgie dans la voix : « Tu es heureux ? Tu retournes un peu à Ajaccio ? » Le maire-bâtisseur à l’humour féroce et à la dent dure était aussi un grand sentimental"