Le XV de France s’est imposé jeudi soir 36-14 face à l’Irlande au Stade de France. Êtes-vous satisfait de ce que vous avez vu ?
Florian Grill : Oui, très satisfait. On a vu environ 55 minutes de très, très haut niveau. Une équipe de France extrêmement disciplinée, avec seulement quatre pénalités concédées sur l’ensemble du match, ce qui est remarquable. Il y a eu un moment un peu plus difficile, mais il ne faut pas oublier que c’était le premier match du Tournoi, face à l’Irlande. C’est une victoire incroyablement réussie. Et puis il y a aussi le succès populaire : 7,2 millions de téléspectateurs, c’est un record absolu pour une ouverture du Tournoi. Cela montre bien l’engouement autour de cette équipe de France. Ça démarre très bien, aussi bien chez les moins de 20 ans que chez les seniors, et c’est formidable.
"On remet les choses dans le bon ordre pour que le rugby français performe à tous les étages"
Vous avez évoqué la discipline, avec seulement quatre pénalités concédées et la première à la 45e minute. C’était un point faible de cette équipe, est-ce en train de devenir une force ?
Les situations évoluent, mais ce que je peux dire, c’est qu’il y a un staff autour de Fabien Galthié qui travaille énormément. Quand ils sont à Marcoussis, ils sont sur le pont dès 6 heures du matin, tous les jours. Le travail réalisé est considérable. Il y a une génération actuelle très forte, et on voit déjà la suivante qui arrive et qui frappe à la porte. Nous avons également mis en place une nouvelle convention avec la Ligue nationale de rugby, ce qui nous permet de mieux travailler ensemble pour le très haut niveau, aussi bien chez les jeunes que chez les seniors. On remet les choses dans le bon ordre pour que le rugby français performe à tous les étages : Top 14, Pro D2, formation, équipes nationales. Aujourd’hui, tout fonctionne, les planètes s'alignent, c'est bien.
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🗣️ "Quand les joueurs entrent sur le terrain, ils n'ont qu'une envie, c'est de gagner. On veut que le rugby français soit au plus… pic.twitter.com/XSkiKZ8JxT
Si tout fonctionne, peut-on parler d’un objectif de sacre dans le Tournoi, voire d’un Grand Chelem ?
Je n’ai jamais fixé d’objectif chiffré aux joueurs ni au staff. Quand ils entrent sur le terrain, leur seule envie est de gagner. En revanche, c’est évident que compte tenu des générations que nous avons et du travail mené avec la Ligue et les clubs, notre ambition est claire : que le rugby français soit au plus haut niveau. Notre objectif global, c’est de gagner le Tournoi, mais aussi de devenir champions du monde, chez les garçons comme chez les filles. Et pour ça, il n’y a pas de secret : seul le travail paie. On bosse à tous les niveaux, et ça avance. Même sur le plan financier, la Fédération est en train d’être redressée.
« On a vu 55 minutes de très, très haut niveau face à l’Irlande, avec une équipe de France remarquablement disciplinée. »
Il y avait pourtant un peu de doute avant ce match, notamment avec l’absence de cadres comme Aldritt, Penaud ou Ficou. Fabien Galthié a-t-il eu raison de se passer d’eux ?
Rien n’est figé. Il n’est pas impossible qu’ils reviennent. Le rugby est fait d’aléas, et nous aurons besoin de tout le monde. L’équipe de France, aujourd’hui, ce n’est pas 23 joueurs, mais une quarantaine, voire une cinquantaine, compte tenu du nombre de compétitions. Il y aura notamment la Nations Cup cette année, avec des déplacements dans l’hémisphère sud. Nous avons travaillé avec la Ligue pour prévoir des temps de repos. La réalité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Mais ce qui est très positif, c’est de voir tous ces jeunes talents arriver avec de grandes compétences. Leur présence en équipe de France est totalement logique.
"L’envie de rugby est phénoménale dans ce pays"
Le rugby français semble porter un véritable élan populaire. Comment l’expliquer ?
L’envie de rugby est phénoménale dans ce pays. On le voit chez les hommes, chez les femmes, dans les tribunes et à la télévision. Mais cet engouement doit aussi se traduire sur le terrain amateur. Nous avons besoin que les collectivités améliorent les installations, notamment les vestiaires féminins. Le nombre de licenciés est en hausse pour la troisième année consécutive. Pourtant, la France ne compte qu’environ 2 000 clubs de rugby, contre 13 000 clubs de football.
Nous voulons implanter le rugby partout sur le territoire. Il y a une croissance très forte en Bretagne, par exemple, avec le club de Vannes. Même dans des territoires historiquement moins rugby, l’envie est là. Le rugby a aussi un rôle éducatif fondamental, avec des valeurs comme le respect.
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🗣️ "On a vu 55 minutes de très haut niveau, une équipe de France très peu pénalisée et un score… pic.twitter.com/gagsRMySbZ
"Dans une période parfois compliquée, le rugby apporte le sourire"
Absolument pas. Au rugby, l’orgueil compte énormément. Les Gallois sont un grand peuple de rugby et ils auront à cœur de réagir devant leur public. Nous prenons ce match avec beaucoup de sérieux.
Le rugby doit montrer un bel exemple, rassembler, faire nation. Dans une période parfois compliquée, le rugby apporte le sourire. Et si le XV de France gagne, ce sera encore mieux.
Propos recceuillis par Jules Boscherini