L'implacable dynamique du Rassemblement National
L'enseignement majeur de ce baromètre Ifop-Fiducial pour Sud Radio, LCI et Le Figaro du 29 mai 2026 sur les intentions de vote au 1er tour de l'élection présidentielle 2027, est la solidité sans conteste du socle électoral du Rassemblement National (RN).
Jordan Bardella domine en effet tous les scénarios de 1er tour avec une régularité impressionnante, captant systématiquement 34 % à 35 % des intentions de vote. Sa position est si forte qu'il surpasse même Marine Le Pen, laquelle, bien que très haute, oscille entre 32 % et 33 % selon qu'elle affronte Gabriel Attal ou Édouard Philippe. Cette hégémonie laisse peu d'espace à Éric Zemmour, qui stagne entre 3 % et 5 % selon les configurations.
Édouard Philippe conserve l'avantage dans le "Bloc central"
Pour la majorité sortante, le défi de la succession reste entier. L'enquête confirme la supériorité d'Édouard Philippe sur Gabriel Attal pour incarner le centre :
- En cas de duel fratricide : Si les deux hommes se présentaient, le maire du Havre devancerait l'actuel Premier ministre (14 % contre 9 %).
- Candidature unique : En tant que seul candidat du bloc central, Édouard Philippe atteindrait 18 % à 19 %. Gabriel Attal, de son côté, recueillerait 16 % des suffrages dans une configuration similaire.
Toutefois, une donnée attire l'attention : dans l'hypothèse d'une union de la gauche hors LFI, Édouard Philippe bénéficierait d'un report de voix spectaculaire, grimpant jusqu'à 22 %.
Le plafond de verre de l'union de la gauche
À gauche, le paysage est marqué par une fragmentation persistante. Jean-Luc Mélenchon demeure le leader naturel du camp, avec un score stable compris entre 12,5 % et 15 %.
L'enquête teste plusieurs hypothèses pour la "gauche hors LFI" (PS, Écologistes, Place Publique) :
- Désunie : Raphaël Glucksmann mène la danse avec 9 % à 11 %, devant François Hollande (8 %), Olivier Faure (4 %) ou François Ruffin (3 %).
- Unie : Une candidature unique de ce bloc ne semble pas créer d'électrochoc. Raphaël Glucksmann atteindrait 12 % et François Hollande 11 %. Paradoxalement, cette union semble clarifier le jeu au profit d'Édouard Philippe plutôt qu'au profit de la gauche elle-même.
Il est à noter la résilience de Fabien Roussel qui, dans l'hypothèse d'une candidature d'Olivier Faure, réalise sa meilleure performance à 6 %.
La Droite républicaine et les "électrons libres"
Bruno Retailleau, portant les couleurs de LR, peine à briser le plafond des 10 %, oscillant entre 8 % et 11,5 % selon la force des candidats centristes en face de lui. Quant à Dominique de Villepin, testé dans certains scénarios, il capte un électorat de niche allant de 2 % à 4 %. Nicolas Dupont-Aignan, pour sa part, maintient une présence marginale mais constante entre 1,5 % et 3 %.
Méthodologie : Enquête Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio réalisée du 26 au 28 mai 2026. Échantillon de 1 368 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d'un échantillon de 1 501 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus. Méthode des quotas. Interviews par questionnaire auto-administré en ligne. Les marges d'erreur pour un tel échantillon se situent entre 1,4 et 3,1 points.
Tous les sondages IFOP-FIDUCIAL : à découvrir ici
L'intégralité de cette étude IFOP-FIDUCIAL sur les intentions de vote au 1er tour en mai 2026 :
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