Dans un communiqué de presse datant du mardi 7 juillet, le Comité International Olympique a annoncé lever provisoirement ses sanctions prises contre le comité olympique russe. Depuis 2016, la Russie subissait des restrictions suite au scandale de dopage institutionnel renforcé en 2023 avec la guerre en Ukraine. Les représentants russes et biélorusses étaient exclus de toutes les compétitions collectives comme les Jeux Olympiques de Paris 2024 ou la Coupe du Monde, mais pouvaient concourir sous bannière neutre à titre individuel. Sur les tableaux d’affichage, le drapeau russe ou biélorusse n'apparaissait donc pas, l’hymne n’était pas non plus joué en cas de victoire.
Avec cette décision, les athlètes russes vont à nouveau pouvoir concourir dans certaines compétitions sportives et participer aux qualifications pour les Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles. Le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiarev, a salué cette décision estimant que « le mouvement olympique doit rester en dehors de la politique ».
Un retour sous conditions et étroite surveillance
Le retour des sportifs russes sur la scène sportive internationale est fortement encadré. Celui-ci s’effectuera sous haute surveillance. Le CIO a annoncé un suivi antidopage renforcé en raison « du scepticisme de la communauté sportive mondiale ». La présidente du CIO Kirsty Coventry s’est montrée intransigeante à ce sujet. « Nous demandons à ce que des tests adéquats soient effectués sur les athlètes russes participant aux Jeux de Los Angeles 2028 », a déclaré la patronne du CIO.
Les athlètes russes ne pourront par ailleurs pas concourir sous leur hymne ni sous leur drapeau. La participation aux compétitions collectives se fera uniquement sous bannière neutre. Les athlètes devront également démontrer qu'ils ne soutiennent pas la guerre et ne sont pas liés aux forces armées russes.
« Un profond regret » pour la France
Suite à cette décision, la France a fait connaître sa position. « Cette décision intervient alors que la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine se poursuit, en violation du droit international, et continue de faire chaque jour de nouvelles victimes. Dans ce contexte, la France exprime son profond regret face à une décision qui tend à normaliser la situation actuelle en dépit de sa gravité. » a publié dans un communiqué la ministre de la Jeunesse et des Sports, Marina Ferrari.
La ministre appelle à la plus grande vigilance face à cette décision. Elle réaffirme son soutien à l’Ukraine. « La France continuera d'agir en faveur de la défense des valeurs olympiques, du respect du droit international, de la solidarité avec l'Ukraine et de la préservation de l'intégrité du sport. »
« Une décision honteuse » pour l’Ukraine
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a réagi à cette décision, la qualifiant de "préoccupante" et exhortant les pays hôtes à maintenir l'interdiction des symboles d'État russes. L’athlète ukrainien skeletoneur Vladyslav Heraskevych, disqualifié des Jeux olympiques d'hiver de 2026 en raison d'un casque portant un message concernant l'Ukraine, a déclaré que la décision du CIO était « absolument honteuse».
Si le CIO amorce un assouplissement de sa position, le retour complet du sport russe sur la scène internationale reste loin d'être acquis. Plusieurs fédérations internationales maintiennent leurs propres sanctions, laissant planer de nombreuses incertitudes à l'approche des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. L’athlétisme maintient sa décision de continuer de bannir les coureurs russes de ses compétitions. Au tennis, les joueurs russes pouvaient déjà participer aux compétitions sous bannière neutre, sans drapeau ni hymne national.
Sport : la Russie revient dans le jeu, la France préoccupée, l'Ukraine indignée
Par Hugo Paillart
ECLAIRAGE SUD RADIO – Le Comité international olympique (CIO) a annoncé hier la levée provisoire d'une partie des sanctions visant le Comité olympique russe depuis dix ans. Une décision qui intervient alors que la guerre en Ukraine se poursuit et suscite les critiques de la France.