ANALYSE SUD RADIO - L’Argentine et l’Angleterre se retrouvent en demi-finale de la Coupe du monde aux Etats-Unis, une première depuis 2002, après celle légendaire de 1986. Des confrontations qui ont toujours été explosives.
Diego MARADONA, Argentina, is scoring the legendary "Hand of God" goal against England during the 1986 FIFA World Cup in Mexico (Photo by SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP)
Qui de l’Angleterre ou de l’Argentine va rejoindre ce soir l’Espagne en finale de la Coupe du monde ? Les deux nations se retrouvent en demi-finale du tournoi, 24 ans après leur dernier duel dans un Mondial. Au fil des décennies, leurs rencontres sont devenues parmi les plus électriques de l'histoire du football. Entre tensions diplomatiques, épisodes devenus mythiques et exploits sportifs, retour sur une rivalité unique.
Le premier épisode entre les deux équipes a lieu en 1966 lors du Mondial organisé en Angleterre. Durant la rencontre, pas moins de 56 fautes en 90 minutes sont réalisées, 30 côté anglais et 26 côté argentin. L’arbitre de la rencontre, l’Allemand Rudolf Kreitlein avertit à plusieurs reprises les deux sélections. Antonio Rattin va faire les frais de ces avertissements qui avaient valeur de carton jaune pour l’époque.
Suite à une énième faute, le joueur argentin se rue sur l’arbitre et l’aurait invectivé. L'arbitre procède à plusieurs avertissements verbaux avant d'exclure Antonio Rattin. Face à cet imbroglio, le joueur crie à « l’injustice » et refuse de quitter le terrain. Le match est interrompu avant de reprendre huit minutes plus tard. Les Three Lions s’imposeront 1-0 et remporteront la seule et unique Coupe du monde de leur Histoire.
1986, la main de Dieu
20 ans plus tard, Anglais et Argentins se retrouvent à nouveau en quart de finale de la Coupe du monde 1986. Cette fois, le climat est encore plus lourd. 4 ans auparavant, les deux pays se sont affrontés durant la guerre des Malouines. Ces îles sous contrôle des britanniques sont revendiquées par la dictature argentine. Le Royaume-Uni conserve le contrôle de l'archipel à l'issue du conflit qui fera des centaines de morts argentins.
Ce quart de finale prend une dimension symbolique et apparaît comme une poursuite du conflit sur le terrain. Dès lors que le génie argentin, Diego Maradona touchait le ballon, les tacles anglais étaient appuyés. À la 51e minute, l’Argentine ouvre le score. Maradona s’envole dans les airs et pousse le ballon dans les filets de la main. Alors qu’il célèbre, les Britanniques contestent. Dans les interviews d’après-match, le milieu de terrain de l’Albiceleste donnera l’explication suivante : « c’est la Main de Dieu ».
Par la suite, le capitaine argentin réalise le but du siècle en dribblant tous les joueurs anglais après une folle de chevauchée de plus de 60 mètres. L’Angleterre est à terre. Les Argentins remporteront la Coupe du monde après ce bras d'honneur planétaire à la face du pays de sa Majesté.
1998, le rouge de Beckham
Les deux équipes se retrouvent 12 ans après cette confrontation. En huitième de finale de la Coupe du monde 1998 en France, cette confrontation reste marquée au fer rouge par la guerre des Malouines et « la main de Dieu ». Il y a de la revanche dans l’air... et toujours un peu de haine.
Le tournant du match intervient lors du début de la seconde période. Diego Simeone réalise un tacle dévastateur sur David Beckham. Le joueur de Manchester United s’effondre. Suite à ce tacle, l’Anglais donne un coup de pied au mollet au milieu argentin. L'arbitre danois Kim Milton Nielsen n’hésite pas et dégaine le carton rouge. Suite à l’expulsion de la star anglaise, l’Albiceleste s’impose au tir au but après un match nul durant le temps réglementaire 2-2.
Si en Argentine, ce match est célébré. Outre-Manche, le Spice Boy est conspué par la presse. La relation entre Beckham et le public anglais est détériorée. Le coupable, c’est lui !
Lors de la Coupe du monde 2002, c’est ce même Beckham qui éliminera la génération dorée de l’Argentine sur penalty dans un match une nouvelle fois houleux. A l’issue du match, les deux équipes s’affronteront dans le tunnel.
2026, une rivalité toujours vivante ?
Quarante ans après la guerre des Malouines et près de quarante ans après la "Main de Dieu", le climat a profondément changé entre les deux sélections. Les principaux acteurs du football actuel insistent désormais sur le respect mutuel. Le sélectionneur argentin Lionel Scaloni s’est montré très élogieux vis-à-vis de l’équipe anglaise : "On va jouer contre une grande équipe et un grand entraîneur que j’admire."
Le capitaine de l’Albiceleste, Lionel Messi rejoint son entraîneur : "Jouer contre l’Angleterre, c’est spécial parce que c’est une grande équipe et c’est la première fois que je vais jouer contre les Anglais. Il faut le vivre car c’est une demi-finale." déclare l’octuple Ballon d’Or.
Au-delà de l'enjeu sportif, cette demi-finale offre surtout un nouveau chapitre à une rivalité qui, depuis soixante ans, occupe une place à part dans l'histoire de la Coupe du monde. Alors, la hâche de guerre est-elle vraiment enterrée ?