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Grégory Villemin : la grand-tante déclarée hors de cause

Énième rebondissement 42 ans après la mort du petit Grégory: la justice a déclaré mercredi prescrits les faits reprochés à sa grand-tante, soupçonnée d'être l'un des corbeaux ayant harcelé ses parents, qui restent déterminés à faire émerger la vérité.

Jacqueline Jacob, grand-tante de Grégory Villemin, impliquée dans l'affaire judiciaire entourant sa mort.
ARNAUD FINISTRE - AFP/Archives

Énième rebondissement 42 ans après la mort du petit Grégory: la justice a déclaré mercredi prescrits les faits reprochés à sa grand-tante, soupçonnée d'être l'un des corbeaux ayant harcelé ses parents, qui restent déterminés à faire émerger la vérité.

Jacqueline Jacob avait été mise en examen le 24 octobre pour "association de malfaiteurs" après une expertise la désignant comme auteure d'une lettre anonyme revendiquant l'assassinat en 1984 de Grégory Villemin, retrouvé noyé et ligoté à l'âge de quatre ans dans une rivière des Vosges.

Cette femme de 81 ans, qui se dit innocente, avait saisi la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon pour contester les poursuites.

Celle-ci a constaté, lors d'une audience à huis clos, que la qualification retenue "était bien de nature délictuelle" et que "le délai de prescription de ce délit était de trois ans" au moment des faits, selon un communiqué du parquet général, qui avait rejoint la défense dans cette analyse.

La mise en examen de la grand-tante "devient sans objet" et "tombe de facto", a conclu son avocat, Me Frédéric Berna, en dénonçant une "aberration procédurale".

"Ce dossier est une succession de fiascos plus énormes les uns que les autres, depuis plus de 40 ans", a fustigé Me Berna, qui réclame qu'"on fiche la paix" à sa cliente, seule personne encore poursuivie dans ce dossier qui a marqué l'histoire judiciaire française.

Pour lui, "concrètement, il n'y a aucun élément sur le fond qui permette de considérer que Mme Jacob a participé de près ou de loin à cette affaire."

- "Expertises en cours" -

Malgré ce nouveau revers, les parents du petit Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin, "demeurent sereins", selon leur avocat François Saint-Pierre.

Ils ont décidé de ne pas se pourvoir en cassation, afin d'éviter de "rallonger la procédure" et attendent "maintenant les résultats des expertises en cours, d'ADN et de stylométrie".

Photo d'archive non datée montrant le petit Grégory Villemin, âgé de quatre ans, retrouvé mort le 16 octobre 1984, pieds et poings liés, dans la Vologne, dans les Vosges

Photo d'archive non datée montrant le petit Grégory Villemin, âgé de quatre ans, retrouvé mort le 16 octobre 1984, pieds et poings liés, dans la Vologne, dans les Vosges

Handout - FAMILY HANDOUT/AFP/Archives

"Nous saurons alors qui elles incriminent" et "la cour d’appel décidera en conséquence de la remise en examen ou non des Jacob cette fois-ci pour crime d’enlèvement et d’assassinat du petit Grégory", non couverts par la prescription, a-t-il poursuivi.

"L'important est d'aller jusqu'au bout de ce qui est possible pour que la vérité soit établie", a ajouté Me Saint-Pierre.

Le 16 octobre 1984, Grégory Villemin avait été retrouvé dans la rivière Vologne. Une lettre anonyme avait été adressée à ses parents avec la mention "Voilà ma vengeance. Pauvre con".

Dès le début de l'enquête, les investigations s'étaient orientées vers la haine farouche qui aurait existé entre le clan Villemin et les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory.

Jacqueline Jacob et son époux Marcel (un frère de la grand-mère) n'ont eu de cesse de démentir tout conflit et tout rôle dans le décès.

- "Généalogie génétique" -

Malgré leurs dénégations, ils avaient été mis en examen en 2017 pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Les poursuites avaient été annulées pour vice de forme.

Philippe Astruc, procureur général près la Cour d'appel de Dijon, s'adresse à la presse, le 24 octobre 2025, alors que Jacqueline Jacob est entendue dans l'affaire du meurtre de son petit-neveu Grégory Villemin, soupçonnée d'être l'une des auteurs des lettres anonymes ayant menacé la famille de l'enfant pendant des années

Philippe Astruc, procureur général près la Cour d'appel de Dijon, s'adresse à la presse, le 24 octobre 2025, alors que Jacqueline Jacob est entendue dans l'affaire du meurtre de son petit-neveu Grégory Villemin, soupçonnée d'être l'une des auteurs des lettres anonymes ayant menacé la famille de l'enfant pendant des années

ARNAUD FINISTRE - AFP/Archives

En 2025, une nouvelle expertise a estimé que Mme Jacob était l'auteur du courrier de revendication, ce qui avait ouvert la porte à la nouvelle mise en examen.

Même si celle-ci est désormais caduque, le dossier n'est pas encore refermé.

Des investigations sont toujours en cours et les résultats d'une contre-expertise stylométrique, qui analyse l'orthographe et les tournures de phrases, "devraient intervenir à l'automne", a précisé le parquet général.

"La poursuite des investigations criminelles - et s’il y a lieu d’éventuelles mises en examen - trouve pleinement à se justifier dès lors qu’il demeure des traces d’ADN relevées sur la scène de crime non encore identifiées", souligne le procureur général Philippe Astruc.

Selon lui, "si les conditions techniques en sont réunies, ce qui n'est pas acquis", les nouvelles dispositions légales sur la généalogie génétique pourraient ouvrir de nouvelles perspectives à l'enquête.

Par Angela SCHNAEBELE / Dijon (AFP) / © 2026 AFP

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