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Justicia por Fede : le rugby argentin réclame justice à Paris

Un T-shirt noir "Justicia por Fede" porté par les Pumas et les clubs avec l'appréhension d'un moment "très dur" à vivre: le rugby argentin a les yeux tournés vers Paris où s'ouvre lundi le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, avide de justice pour un acte qui encore quatre ans après, "n'entre pas dans la tête".

Des joueurs de rugby portent des T-shirts 'Justicia por Fede' lors d'un échauffement.
Andres LARROVERE - AFP

Un T-shirt noir "Justicia por Fede" porté par les Pumas et les clubs avec l'appréhension d'un moment "très dur" à vivre: le rugby argentin a les yeux tournés vers Paris où s'ouvre lundi le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, avide de justice pour un acte qui encore quatre ans après, "n'entre pas dans la tête".

A l'échauffement de son match contre l'Australie, samedi à Mendoza, le XV d'Argentine a revêtu ce T-shirt floqué du N.13 de l'ancien centre aux 22 sélections, tombé en 2022 à Paris après une dispute futile sous les balles d'un ancien militaire d'ultradroite. Un hommage répété lors des matches du championnat URBA de Buenos Aires, avec une émotion spéciale au CASI (Club Atletico San Isidro), club de jeunesse de Martin Aramburu.

Ses amis, anciens coéquipiers, sourient spontanément, rient en évoquant des anecdotes, le souvenir de "Fede", qu'ils décrivent comme rayonnant, toujours souriant, "très ami de ses amis". Qu'il ne manquait jamais de revoir lorsqu'il revenait deux fois l'an en Argentine.

Mais samedi, c'était "un jour pour faire la gueule. Une demande de justice avec tout le sérieux que ça mérite", explique à l'AFP l'entraîneur du CASI Oscar Murgier, 45 ans, sans doute l'un des Argentins les plus proches de Martin Aramburu.

Avec lui, littéralement à ses côtés puisque lui aussi évoluait centre ou ailier, Oscar a joué au CASI depuis l'âge de 5-6 ans. Fede y fut son capitaine avant son envol vers l'Europe et le rugby professionnel en 2004, à 24 ans.

- "Mois très dur" -

"La réalité, c'est qu'on aborde un mois très dur, confie Oscar, alors que le verdict est attendu le 25 septembre. On commence à sentir un nœud dans l'estomac en pensant à ce qui va se passer au procès, et parce qu’au‑delà de tout, Fede ne reviendra pas, rien ne nous rendra Fede. Mais oui, il y aura justice".

Une affiche en hommage au rugbyman argentin Federico Martín Aramburú, tué au petit matin du 19 mars 2022 après une altercation avec un autre groupe dans un café parisien, lors d'un rassemblement contre le racisme, le fascisme et les violences d'État, le 14 mars 2026 à Paris

Une affiche en hommage au rugbyman argentin Federico Martín Aramburú, tué au petit matin du 19 mars 2022 après une altercation avec un autre groupe dans un café parisien, lors d'un rassemblement contre le racisme, le fascisme et les violences d'État, le 14 mars 2026 à Paris

Martin LELIEVRE - AFP/Archives

La mobilisation samedi visait "à ce que, face à une éventuelle tentative de minimiser la gravité de ce qui s'est passé, la société se souvienne de ce qui va être jugé: l'assassinat d'un homme de 42 ans, père de trois enfants, à qui la vie a été arrachée" dans un crime "marqué par la violence, la haine et l'intolérance extrémiste", indique un communiqué au nom de la famille, des amis et de la communauté du rugby argentin qui reste dans le pays un sport secondaire, mais un petit monde soudé.

La Fédération argentine (UAR) a elle aussi exprimé dans un communiqué "son soutien à la demande de justice" pour Martin Aramburu.

- A ce jour, l'incompréhension -

Incrédulité, incompréhension. Les mêmes mots reviennent à tous, lorsqu'ils évoquent ce matin du 19 mars 2022, quand ils apprirent avec quelques heures de retard, la nouvelle de la mort de leur ami, criblé de balles sur un boulevard parisien.

Un portrait du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú lors de ses funérailles à Biarritz, le 26 mars 2022 dans les Pyrénées-Atlantiques

Un portrait du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú lors de ses funérailles à Biarritz, le 26 mars 2022 dans les Pyrénées-Atlantiques

Thibault SOUNY - AFP/Archives

"Les premières heures ont été très choquantes et après, quand tu confirmes ce qui s’est passé... Je n'arrive toujours pas à y croire, vraiment: la malchance qu'il a eue de croiser ces personnes, capables d'arriver à ce geste fatal, aujourd'hui encore, ça ne m'entre pas dans la tête", souffle Lucas Borges, ex-international de 46 ans, lui aussi proche de Martin Aramburu avec qui il disputa la Coupe du Monde 2007 en France.

"J’ai vécu trois ans à Paris (jouant au Stade Français, NDLR), et en vrai c'est une ville où je me suis toujours senti très en sécurité. Alors quand on m'a raconté ce qui s'était passé, je n'arrivais pas à imprimer", ajoute-t-il.

Même si son ton se crispe en évoquant les "tarés" qui vont être jugés, Oscar Murgier, comme d'autres, ne souhaite pas avancer d'attente, de voeu de telle ou telle peine, au procès qui débute lundi.

"Ce qui pour toi serait justice, pour moi ne l'est peut-être pas, pour d'autres oui, etc... Moi, je demande juste qu'il y ait la plus grande, la meilleure justice possible", dit-il en pesant ses mots.

AFP / Buenos Aires (Argentine) (AFP) / © 2026 AFP

#Rugby #Argentina #Justice #FedericoMartinAramburu #Paris

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