La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, prise à partie par les agriculteurs rassemblés à Paris aux abords du Palais Bourbon, a annoncé jeudi qu'elle recevra dans l'après-midi les syndicats agricoles qui manifestent leur colère.
La députée Renaissance, très chahutée, est allée brièvement échanger avec les représentants des agriculteurs qui sont entrés dans Paris peu avant l'aube.
La présidente de l'Assemblée a marqué un mouvement de recul sous l'impact d'un petit objet ou d'un liquide reçu au visage, dans une ambiance hostile, avant d'être exfiltrée par la sécurité pour regagner l'enceinte de l'Assemblée. Mais son visage ne portait ensuite aucun signe de blessure.
"Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00", a-t-elle annoncé devant les manifestants.
Elle s'est ensuite exprimée sur BFMTV, estimant "normal que cette colère s'exprime". "Je vais recevoir dans mon bureau, les unes après les autres, les quatre organisations syndicales. Mais il me semblait qu'au-delà de ces rencontres, il fallait aller voir ceux qui manifestaient", a-t-elle détaillé.
La députée des Yvelines a rappelé que l'Assemblée nationale avait à plusieurs reprises affiché son opposition au traité de libre-échange avec les pays du Mercosur, fustigé par le monde agricole.
"Il faut continuer à mener le combat jusqu'au bout et c'est ce que nous allons faire", a assuré Mme Braun-Pivet. Les agriculteurs "doivent savoir qu'ils sont écoutés par les élus de la nation", a-t-elle détaillé.
Son entourage a précisé qu'elle recevrait à 14H30 la FNSEA, principal syndicat agricole, puis la Coordination rurale à 15H30, sans plus de détails sur le programme à ce stade.
Des agriculteurs en tracteurs sont entrés dans Paris jeudi avant l'aube et comptaient faire un tour de sites emblématiques, comme celui de l'Assemblée nationale, où quelques centaines de manifestants se sont rassemblés dans la matinée. Parmi eux figuraient notamment de nombreux "bonnets jaunes", caractéristiques de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole habitué des opérations coup de poing.
Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n'ont pas satisfait le syndicat, notamment sur les dossiers de l'accord UE-Mercosur et de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a ravivé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, dont sont partis de nombreux convois.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP