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Violences à Paris - "La police barrait le passage alors forcément, çela a dégénéré"

Par Augustin Moriaux

Après les samedis de Gilets jaunes, après la fermeture administrative liée au Covid-19, les commerces demandent à être davantage protégés, lassés de réparer les pots cassés. En face, une manifestante met en cause la gestion de maintien de l'ordre qui, selon elle, a sa part de responsabilité dans l'escalade de la violence.

Ce samedi 5 décembre, le ministère de l'Intérieur faisait état de 95 policiers blessés sur tout le territoire. (Photo d'Anne-Christine Poujoulat / AFP)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio, écrit par Augustin Moriaux.

 

L'avenue Gambetta à Paris a été le théâtre sinon l'épicentre des violences ce samedi 5 décembre, dans le cadre de la manifestation contre la loi Sécurité Globale. Dans ce quartier du 20ème arrondissement de la capitale, les casseurs s'en sont donnés à cœur joie, incendiant des voitures mais aussi des commerces, des agences bancaires, des agences immobilières et s'adonnant même à un autodafé de dossiers bancaires. Ces trublions étaient environ 500 sur les 5000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur.

Devant les nombreux dégâts, les riverains et les commerçants sont abasourdis. Observant ce qu'il reste de carcasses de voitures incendiées, Hakim, habitant du quartier, est encore stupéfait.

"La fumée, le gaz, ç'a été chaud, franchement ça fait peur. Ça fait peur parce qu'on n'a pas l'habitude de voir des camions brûler comme ça. 5-6 voitures d'un coup, ouah !"

Les dégradations sont nombreuses et même inédites selon Nicole, octogénaire vivant depuis longtemps dans le quartier.

"Ça me révolte de voir ça. À mon âge, je n'ai jamais connu des trucs comme ça. C'est lamentable. Les voitures, les assurances, les banques, tout ce qui touche à l'argent a été touché. Mais à ce rythme, on ne s'en sort plus !"

 

Une manifestante suspecte les directives données à la police d'avoir ajouté de l'huile sur le feu

Présente dans les rangs des manifestants, Sylvie met en cause la gestion du maintien de l'ordre et remarque que la situation a dégénéré à un moment précis...

"Ici, à Saint-Fargeau, la police barrait le passage, empêchait la manifestation d'avancer. La stratégie, c'était "on arrête là, on ne va pas plus loin" donc forcément, çela a dégénéré, ça ne me surprend absolument pas."

 

Les commerçants à bout, après les Gilets jaunes et la fermeture administrative liée au Covid-19

Les images des vitrines dégradées émeuvent et indignent. Car au-delà du fait que les potentiels clients ont fui les lieux, c'est aux commerçants eux-mêmes de réparer les dégâts, en plus d'en payer le prix fort. Yveline, gérante d'un magasin de prêt-à-porter, a dû fermer son enseigne ce samedi. À trois semaines de Noël, c'est une journée importante de perdue.

"Je suis à saturation, j'en ai marre. Comment voulez-vous qu'on travaille dans des conditions pareilles ? À chaque fois, vous enlevez les vitrines, vous les remettez, vous les nettoyez parce que tout est sale. Franchement, j'en ai marre, moi, de toutes ces manifestations."

 

Pour mettre définitivement fin à ces week-ends de violences qui se suivent et se ressemblent, les commerçants demandent à être davantage protégés lors des manifestations.

 

 

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