Alors que le pouvoir d’achat ne cesse de baisser pour les Français, que l’inflation atteint 3 % en septembre sur un an et que le prix des carburants tutoie les sommets, certains commerçants proposent une trêve, une pause dans les dépenses excessives. Dans la commune de Seix, en Ariège, un restaurateur propose une journée dans la semaine où manger n’a pas de prix.
Une formule qui passe de 23 € à 0 € selon votre générosité
Dans le restaurant L’Azinat de Renny Aupetit, vous mangez et vous payez ce que vous voulez, tous les mercredis. Des produits frais et locaux sont sublimés dans un repas gastronomique à prix libre, donc potentiellement bien moins élevé que dans n’importe quel autre restaurant. En termes de compétitivité, L’Azinat est imbattable.
Hier mercredi, il s’agissait d’« une formule entrée-plat avec une soupe de légumes, quenelle de ricotta et avec des lasagnes aux épinards, ricotta, pignons de pin », explique le patron. C’est Najet qui, en cuisine, fait tout maison. « Les gens qui viennent pour le prix libre, ils ont les mêmes plats qu’en semaine et c’est copieux », dit-elle, avant de détailler que les produits sont les mêmes que ceux qu’ils vendent « dans la semaine ».
« Une démarche volontaire citoyenne »
Habituellement, la formule coûte 23 euros, mais d’où vient cette volonté de proposer un repas entier sans montant final ? Il dévoile : « Je voulais trouver une formule qui leur permette de venir, je ne voulais pas que ce soit gratuit parce que je ne trouve pas ça bien, la gratuité. »
Il y a effectivement une nuance : les clients sont libres de laisser ce qu’ils veulent. « J'aime bien l'échange qu'il y a avec les gens quand on leur dit, en théorie votre repas il était à 23 euros, maintenant combien vous voulez mettre ? », dit-il. Pour lui, « c’est une démarche volontaire citoyenne ». Et son message est noble : « Chacun de nous peut faire des petites choses qui rendent la vie meilleure. Moi, c’est ma petite contribution. »
Une compétitivité imbattable
Une attention qui permet à de nombreuses personnes qui n’ont pas les moyens de se payer un menu au restaurant de profiter de ce qui est devenu un luxe. Martial, client du jour, se régale. « Ça fait des années que je ne vais plus au restaurant, c'est trop cher. Là, c'est très bon et la semaine prochaine, j'ai mon petit garçon une semaine en vacances, je vais essayer de venir avec lui, il va être trop content », se réjouit l’homme d’une quarantaine d’années.
Pour l’heure, personne n’a laissé moins de 10 euros. Une nouvelle qui montre qu’un échange honnête de bons procédés est encore possible, tant que la bienveillance règne.