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La France a-t-elle sacrifié ses classes moyennes ?

Par La rédaction

Alors que 70% des Français pensent que leurs enfants auront une moins bonne vie qu’eux, quel avenir pour les classes moyennes en France ?

Comment augmenter la feuille de paie des classes moyennes ?
Comment augmenter la feuille de paie des classes moyennes ?

C’est une bombe qui paraît aux éditions de l’Observatoire : « Veut-on sacrifier les classes moyennes ?", signé Éric Hazan, entrepreneur, professeur à HEC et Sciences Po Paris. En effet, quand on analyse le niveau de vie des classes moyennes en France aujourd'hui, les chiffres sont accablants. “Elles travaillent, elles paient ses impôts, elles respectent les règles... et pourtant, elles s'enfoncent dans le silence et subissent depuis vingt ans un décrochage lent, presque invisible.” Dans son livre enquête, Éric Hazan lance l'alerte : “si le cœur battant de notre démocratie s'effondre, c'est tout le pacte républicain qui risque de voler en éclats.”

Classes moyennes : elles représentent un Français sur deux

"La manière la plus simple de définir les classes moyennes peut se faire en regardant la pyramide des salaires, résume Éric Hazan au micro de Jacques Cardoze, sur l'antenne de Sud Radio. 30% des gens sont en haut, 20% sont en bas, et au milieu, il y a 50% de la population. C’est cela, la classe moyenne. Il s’agit donc d’une part non négligeable de la population."

Selon ce livre enquête, 38% des Français renonceraient à des frais dentaires pour des raisons financières. "C’est la vie qui rétrécit, une vie plus étriquée. Cela fait 40 à 50 ans que la classe moyenne voit son pouvoir d’achat s’éroder. 8 à 25% des gens ne vont plus au restaurant. 35% des gens partaient encore en vacances il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, c’est 24%."

Un ascenseur social à l'arrêt

"Plus de sept enfants d’ouvriers sur dix le restent, souligne Éric Hazan, auteur du livre enquête « Veut-on sacrifier les classes moyennes ? ». Cela veut dire qu’il y a une reproduction sociale très forte. L’ascenseur social, le logement, ne sont plus accessibles." Est-ce ce que l’on décrit comme la France périphérique ? "Il y a quelque chose de très vrai. En dehors des sept grandes villes de France, on ressent cette érosion de la vie avec plus d’acuité. Dans une ville de moins de 50 000 habitants, on a l’impression que son avenir est un peu bouché. 70% des Français pensent que leurs enfants auront une moins bonne vie qu’eux."

Quid des pistes pour l’avenir afin d’améliorer la vie des classes moyennes ? "L’enjeu, c’est la démocratie. La classe moyenne, c’est l’ossature de la démocratie. Il y a des solutions. D’abord l’état stratège, la politique industrielle. Ensuite, c’est un pacte pour les classes moyennes : plus d’argent sur la feuille de paie, des prêts à taux zéro pour accéder au logement. Tout cela coûte de l’argent. Derrière, la solution, ce sont les eurobonds, aller chercher de l’argent au niveau de l’Europe. Ensuite, il faut probablement se concentrer sur le fait de redonner un avenir aux jeunes en les formant sur des choses qui leur apportent un emploi. Tout de suite, sur la fiche de paie, il faut trouver des solutions. Cent euros de plus par mois, cela change la vie. Les gens sont en négatif à la fin de chaque mois."

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