En 2013, Tewffik Bouallag rejoint les rangs de Daech pour combattre en Syrie. Rapatrié en France, il est condamné en 2019 à 13 ans de réclusion criminelle. Ce dernier demande alors sa déchéance de nationalité pour un pays qu'il n'a pas choisi. Désormais au centre de rétention de Lille-Lesquin, l'ancien combattant de Daech veut rejoindre l'Algérie mais son extradition est bloquée. Au micro de Jacques Cardoze, celui-ci explique les raisons qui le poussent à quitter la France, un pays à qui il voue une haine profonde et pourquoi son départ vers l'Algérie est retardé.
« Je n'ai jamais demandé d'être français »
Vous avez été déchu de votre nationalité, vous n'aimez pas la France ?
« Tout simplement moi, la nationalité française, je ne l'ai pas demandée, on me l'a imposée. Je n'ai jamais demandé d'être français. Je n'ai jamais été français, je ne le serai jamais. » explique Tewffik Bouallag au micro de Sud Radio.
Comment se passent vos démarches pour quitter le territoire français ?
« Depuis 2023, la première fois que j'ai demandé une conditionnelle d'expulsion, je suis passé en janvier 2025 devant le juge d'application antiterroriste. Ils m'ont refusé la conditionnelle d'expulsion. Après ça, j'ai demandé à me rapprocher du consulat. Je suis à la centrale de Saint-Maur. J'ai demandé à me rapprocher du consulat. On m'a refusé. J'ai demandé une permission pour faire mes papiers. On m'a refusé. Au pire de ça, on m'a transféré au centre de rétention de Saône-et-Loire, à Varennes-le-Grand. On m'a carrément éloigné. On m'a tout refusé », estime l'ancien combattant de Daech au micro de Jacques Cardoze.
« Comment voulez-vous déradicaliser une croyance ? »
Vous avez dû passer par un centre de déradicalisation ?
« C'est un mot que vous avez inventé, ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Comment vous voulez déradicaliser une croyance ? Si maintenant vous voulez croire à vos bêtises, c'est vos problèmes. Ça n'existe pas, vous avez inventé un truc. » estime l'ancien combattant de Daech
« Je n'ai jamais été dans cette cellule de déradicalisation. Je ne l'ai jamais fait. Je n'ai jamais accepté un rendez-vous. Je ne regrette rien du tout. Je n'ai rien fait. Je n'ai rien fait en France. On m'a condamné pour être parti en Syrie. Je n'ai rien fait en France. On m'a condamné pour les faits en Syrie, pas en France » déclare Tewffik Bouallag au micro de Sud Radio.
« Je demande juste à quitter la France »
En définitive, qu'est-ce que vous demandez ?
« Moi, je demande juste simplement quitter la France. Peu importe le pays, moi, c'est quitter ce pays. Je n'ai rien à voir avec vous. J'ai désavoué de vous en vous redonnant votre nationalité. On n'a pas le même mode de vie. On n'a pas les mêmes croyances. Pourquoi vouloir me garder ici ? » questionne l'ancien combattant de Daech.
Concrètement, qu'est-ce qui vous empêche de rejoindre l'Algérie ?
« L'Algérie, elle n'a rien à voir avec tout ça. Là, pour l'instant, aujourd'hui, c'est les préfectures. C'est moi qui dois prendre les rendez-vous au niveau du consulat. Et ce n'est pas la préfecture de Lille. Là, j'ai pris un rendez-vous le 6. Je suis parti le 6 au consulat de Nanterre. La police, elle ne m'a même pas laissé rentrer au consulat », déclare celui qui a été condamné en 2019.
« Elle m'a dit "on ne peut pas vous laisser rentrer tout seul". J'ai dit « ça sert à quoi, je rentre ? » Là, j'ai rendez-vous mercredi pour faire mon passeport, pour faire la biométrie. On ne va pas me laisser rentrer. Comment vous voulez que je fasse la biométrie ? Ce n'est pas les Algériens qui bloquent », présente Tewffik Bouallag, ancien combattant de Daech au micro de Sud Radio.
« Ne dites pas que c'est l'Algérie qui bloque »
Pensez-vous pouvoir rejoindre l'Algérie ?
« Il va falloir peut-être attendre jusqu'à la fin de l'année, jusqu'à fin 2026, début 2027, pour être expulsé vers l'Algérie. Sur ça, il n'y a pas de souci. Mais ne dites pas que c'est l'Algérie qui bloque. Là, aujourd'hui, c'est l'administration française qui bloque mon départ. Parce que le consulat m'a dit « rentre ». Il m'a invité de rentrer. Mais c'est la police qui m'a refusé de rentrer au consulat. Là, mercredi, ça sera pareil. À partir de là, c'est les Français qui bloquent. Ce n'est pas l'Algérie », estime l'ancien combattant de Daech.