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Un médicament clé contre le cancer bientôt déremboursé ?

Par Estelle Solari

GROS PLAN SUD RADIO - Un médicament utilisé contre le cancer de la prostate et du sein pourrait être déremboursé par la Sécurité Sociale. Une décision loin d’être anodine : le Zodalex n’a pas d’équivalent dans certains traitements. Les patients devront débourser des sommes astronomiques pour se soigner.

Le Zodalex, médicament contre le cancer du sein et de la prostate, pourrait être déremboursé d'après une demande du laboratoire AstraZeneca.
Le Zodalex, médicament contre le cancer du sein et de la prostate, pourrait être déremboursé d'après une demande du laboratoire AstraZeneca.

Ce n’est pas une décision de l’État, mais bien du laboratoire : AstraZeneca demande un déremboursement du Zoladex auprès de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament en ce début d’octobre 2026. Le médicament reste sur le marché, mais ne sera plus pris en charge par l'Assurance Maladie.

Cancer du sein : le Zodalex n'a pas d'alternative !

La décision, prise discrètement et sans concertation publique, est un coup de massue. « Pour le cancer de la prostate, il y aurait des alternatives, mais pour le cancer du sein, c'est une autre histoire », s’inquiète Pierre-Olivier Vario, président de l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine, au micro de Sud Radio.

« J’ai peur pour ces femmes sous Zoladex. Elles se retrouveront sans solution de remplacement identique : c’est le point le plus grave de ce dossier», Et puis, même pour les hommes, « changer de molécule au cours de traitement pose problème pour le malade. »

"Le prix va être libre"

86 euros pour un traitement court, 257 pour une cure de plusieurs mois. Ce non-remboursement de médicament n’est pas un cas inédit : «Des laboratoires ont déjà demandé des dé-remboursements. Certains labos remplacent aussi des médicaments par un générique équivalent, pour éviter un surcoût au patient », explique Pierre-Olivier Vario, président de l'Union des syndicats des pharmaciens d'officine, au micro de Sud Radio.

Problème ? A la différence de nombreux autres médicaments, le Zodalex n’a pas d’alternative. Conséquence ? « Dès lors qu'il va être dé-remboursé, le comité économique des produits de santé, le CEPS, ne pourra plus fixer le prix du médicament. Le prix va être libre.»

Une décision "irresponsable" et "inhumaine"

Il n'y aura plus d'arbitrage ministériel : « Dans ce cas, généralement, le prix de ce médicament monte terriblement. » Une décision « inhumaine » et « irresponsable » pour ce médecin. « Les alternatives peuvent ne pas bien fonctionner et puis, la décision va laisser les femmes atteintes de cancer du sein et sous traitement Zoladex sans traitement médicamenteux. »

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