En cette période de rentrée propice au bilan de santé et au renouvellement des ordonnances, le médecin de famille conserve une place privilégiée dans le cœur des Français. Selon l'enquête menée par MadeForMed en partenariat avec l'institut Odoxa auprès de 200 généralistes et 996 particuliers, 82 % des Français et 94 % des médecins généralistes se disent profondément attachés à cette figure centrale. Cet attachement grimpe même à 90 % chez les seniors de 65 ans et plus.
Un repère essentiel
Pour 91 % de la population, le praticien traitant constitue un repère essentiel et une référence incontournable. Du côté des professionnels, le terme même de « médecin de famille » s'avère plus valorisant que celui de « médecin généraliste » pour 63 % des sondés, un chiffre qui atteint 90 % en milieu rural où la relation humaine s'inscrit au quotidien. Ce plébiscite repose sur des valeurs partagées : la confiance, la connaissance du parcours médical et la prise en charge dans la durée.
Le paradoxe du « zapping » médical et le fossé générationnel
Pourtant, la réalité des usages dessine une tout autre dynamique. Si 92 % des Français disposent d'un médecin traitant déclaré, seuls 52 % le consultent de manière régulière. Plus marquant encore : face à un problème de santé impromptu, seuls 47 % des citoyens se tournent en priorité vers leur généraliste attitré.
Ce réflexe du suivi s'effrite particulièrement auprès des jeunes générations :
- Seulement 32 % des 25-34 ans contactent leur médecin traitant en premier recours, contre 61 % chez les 65 ans et plus.
- 16 % de la population globale préfère consulter le premier praticien disponible, une proportion qui atteint 22 % chez les 25-34 ans et 26 % chez les 18-25 ans.
- En cas d'aléa de santé, 31 % des personnes interrogées choisissent tout simplement d'attendre que le problème passe, tandis que 6 % optent pour la téléconsultation.
Ce décrochage s'opère alors même que 90 % des Français reconnaissent qu'un suivi régulier garantit une meilleure prise en charge, 88 % y voient le socle d'une relation de confiance durable, et 85 % estiment qu'il favorise une meilleure prévention des maladies graves.