single.php

Mathilde (escort-girl) sur les maisons closes : "C'est une revendication féministe"

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Le RN travaille sur une proposition de loi sur la réouverture des maisons closes. Progrès ou retour en arrière ? Une escort girl a avancé ses arguments au micro de Sud Radio.

maisons closes
Faut-il rouvrir les maisons closes en France ? (AFP)

Pour ou contre la réouverture des maisons closes ? C'est la question de ce début de semaine après le proposition de loi du Rassemblement National qui va en ce sens. Le RN imagine des lieux gérés directement par les prostituées elles-mêmes alors que les dernières maisons closes ont fermé dans l'Hexagone il y a presque 80 ans. A ce jour, l'achat d'actes sexuels est passible d'une amende de 1 500 euros. Les travailleuses du sexe ont un quotidien parfois difficile, parce qu'elles sont contraintes par la loi de se cacher pour exercer. Cette proposition fait beaucoup parler d’elle. Mathilde Davril, escort girl, auteure du livre“300 de l’heure, le prix de ma liberté” (Editions Max Milo, 2022), est venue témoigner dans le Grand Matin et a donné son avis sur le sujet.

"Donner la parole aux travailleurs du sexe"

Invitée de Sud Radio, Mathilde Davril est "favorable" à ce retour des maisons closes. Elle qui assume son activité au quotidien, qu’a-t-elle pensé de cette proposition ? "C’est déjà très bien de pouvoir mettre ce sujet sur la table, estime-t-elle au micro de Patrick Roger. Cela va permettre de donner la parole aux travailleurs du sexe. De voir comment faire évoluer cette loi sur la pénalisation des clients. Plus que l’ouverture des maisons closes, d’ailleurs."

"A l’âge de 30 ans, j'ai décidé de passer aux relations tarifées : c'est un choix"

"Certains n’y voient qu’une exploitation des femmes. Je n’ai jamais vécu d’exploitation, c’est un choix. J’ai eu une vie complètement normale, j’ai fait des études, eu une carrière professionnelle. Je n’ai jamais été violentée ou battue. J’ai juste, à l’âge de 30 ans, décidé de passer aux relations tarifées. J’ai trouvé que c’était plus plaisant que les rencontres d’un soir, comme le permettent les applications."

"Un pas en avant pour sécuriser"

"C’est même une revendication féministe de faire ce que l’on veut de son corps sans que cela pose de problème à personne, estime Mathilde Davril, escort girl, auteure du livre “300 de l’heure, le prix de ma liberté” (Editions Max Milo, 2022) sur l’antenne de Sud Radio. Considère-t-elle cela comme un métier ? "C’en est un. Il faut savoir qu’en France, la prostitution est légale. Vous pouvez vendre une prestation, mais ce qui est illégal, c’est de l’acheter."

"Ce qui est problématique, c’est que tout est considéré comme du proxénétisme"

A-t-elle pu faire cohabiter ce métier avec un autre ? "L’un n’empêche pas l’autre. C’est un milieu où l’on pense que les femmes sont perdues. Des milliers de femmes font ce choix là pour explorer une autre façon de rencontrer des hommes." La réouverture des maisons closes serait-elle un retour en arrière ? "Ce serait plutôt un pas en avant pour sécuriser les femmes ou les hommes, qu’ils puissent exercer comme ils le souhaitent. Ce qui est problématique, c’est que tout est considéré comme du proxénétisme."

Retrouvez "Sud Radio vous explique" chaque jour à 7h40 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

Cliquez ici pour écouter “Sud Radio vous explique”Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
17H
16H
15H
14H
13H
09H
08H
06H
04H
Revenir
au direct

À Suivre
/