Stanislas Berton : "L'information était là, le risque était identifié, des gens se sont préparés"

Stanislas Berton, entrepreneur, travaille sur la gestion des risques. Il tient le site stanislasberton.com et est l'auteur du livre “Être Français, lettre à ma sœur” (éditions Le temps Retrouvé). Il était l’invité d’André Bercoff, vendredi 17 avril sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Stanislas Berton invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Pouvait-on anticiper la crise sanitaire ? Les gouvernements auraient-ils pu prévoir la pandémie mondiale qui s'abat actuellement ? Pour Stanislas Berton, la réponse est oui, mais cette mauvaise gestion serait davantage due à un manque de formation de la part des gestionnaires du risque.

 

Une crise prévisible

Pour l'entrepreneur, cette crise sanitaire était prévisible. "La crise du coronavirus n'a pris par surprise que ceux qui sont mal formés", estime-t-il. Et pire, il aurait fallu "ne pas suivre les recommandations qui ont été faites", insiste Stanislas Berton. "La question de la gestion du risque et notamment d'un risque pandémique est posée dès 2008 par des spécialistes du risque, notamment Nicolas Taleb", rappelle-t-il.

En France, les services de l'État paraissaient également prêts à endiguer une telle pandémie. Pour preuve, un article dans le Canard enchaîné en 2009. "Le secrétariat à la défense et à la sécurité de la France avait fait un plan pour lutter contre les pandémies. Un plan qui prévoyait des masques, la fermeture des frontières...", se souvient Stanislas Berton. "Ce sont des choses sur lesquelles les gens qui travaillent sur les risques connaissent", appuie-t-il en assurant que "l'information était là, le risque était identifié, des gens se sont préparés".

"Un manque de formation"

Alors comment a-t-on pu se retrouver autant dépassé ? "Il y a un problème de formation", répond l'entrepreneur. "La plupart des gens ne sont pas formés sur le risque et voient le risque quand il est manifeste", regrette-t-il. Stanislas Berton dénonce d'ailleurs que l'on "commence à s'inquiéter quand la moitié de la France est contaminée alors qu'en fait, il faut commencer à s'inquiéter un ou deux mois avant, voire plusieurs années avant".

L'entrepreneur pointe également "un problème d'impunité". "La plupart des décideurs ne sont pas exposés aux conséquences", remarque-t-il, prenant pour exemple la situation préoccupante sur le porte-avions Charles de Gaulle. "Quand vous êtes le pacha du Charles de Gaulle et que vous voyez votre équipage qui commence à tomber comme des mouches, vous commencez à réfléchir. Mais comme vous êtes à des milliers de kilomètres et que c'est très abstrait pour vous, vous n'êtes pas du tout concerné par l'impact de vos décisions", estime-t-il.

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