Police municipale : faut-il donner plus de pouvoir aux maires ?

Émile Roger Lombertie, maire LR de Limoges et Franck Groux, secrétaire départemental du syndicat Alliance police nationale dans le Gard, étaient les invités du débat du matin sur l’antenne de Sud Radio, avec Benjamin Glaise et Laurence Garcia.

De nouvelles missions pour la police municipale ?

Émile Roger Lombertie, maire LR de Limoges a co-signé une tribune dans le Journal du dimanche. Il y écrit notamment avec 17 autres maires de droite : "nous voulons une nouvelle fois indiquer au plus haut niveau de l’État qu’il est temps de faire confiance aux maires de France."

 

Un bal à trois

"Nous sommes dans un bal à trois, entre maire, préfet et procureur de la République, explique Émile Roger Lombertie. Quand les trois sont alignés sur les modalités d’intervention, les choses se passent bien. Quand ce n’est pas le cas, cela ne se passe pas bien. Récemment, des groupes de toxicomanes sont venus interdire de poser une caméra de vidéo de protection régulièrement détruite, ils ont eu trois et huit mois de prison ferme, mais sans être mis en prison. On se retrouve dans des situations extrêmement complexes. J’ai vu changer en 18 mois la pratique de la police par rapport à la délinquance. Je n’en fais pas le reproche aux policiers. Nous sommes dans une situation où la sécurité des citoyens est en danger, tous les jours. Tous les jours, les gens viennent me voir, entre rodéos et trafic de drogue… Ce n’est pas possible."

Approuve-t-il la mesure annoncée par Jean Castex, à savoir une amende forfaitaire pour possession de drogue sans avoir à passer par une procédure judiciaire ? "Pour toute consommation de drogue sur la voie publique, je suis d’accord. Il était temps que nous mettions en place cette mesure, juge le maire de Limoges. De la même manière, chaque fois qu’une condamnation est prononcée, que l’on mette en place des TIG immédiatement après la sanction. Aujourd’hui, nous avons une chaîne de plus en plus laxiste, difficile à mettre en oeuvre. On fait des annonces, on aggrave les peines, mais ce n’est jamais prononcé. Il faut être dans la cohérence dans la répression. Autre souci : la quantité de policiers dont nous disposons sur le terrain. Il faut une présence à la fois dissuasive et qui mette la police en sécurité."

 

Réaffecter des missions à la police municipale

Du côté de Nîmes, une fusillade a encore fait un mort ce week-end. Les forces de police sont-elles assez nombreuses ? "Depuis quelques temps, on est en sous-effectifs, confirme Franck Groux, secrétaire départemental du syndicat Alliance police nationale dans le Gard. Si vous êtes présent dans un quartier dit de conquête républicaine, vous n’êtes pas ailleurs. En équipement, Police Secours n’est pas lourdement équipé pour intervenir." À cela s’ajoute une "montée des infractions criminelles. Dans le Gard, des affrontements ont lieu sur fond de trafic de drogue."

Sur les effectifs, que pense-t-il du partenariat entre police nationale et police municipale ? "Le maire a des pouvoirs propres d’OPJ (Officier de Police Judiciaire), mais bien spécifiques, précise Franck Groux. Il ne mène pas les enquêtes et ne met pas en garde à vue. Les policiers municipaux sont des APJA, adjoints de police judiciaire, pour relever uniquement des contraventions, pas des délits. Ils peuvent interpeller mais pour remettre à l’OPJ territorialement compétent. Il faudrait avoir un partenariat et un maillage assez fin et travailler en harmonie. Que des missions que nous ne pouvons plus effectuer soient réaffectées à la police municipale et que les missions plus régaliennes soient conservées par la police nationale. C’est ce qui se passe à Nîmes, où la police municipale fait un travail remarquable."

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