Le Mondial de l’Auto 2026 a ouvert ses portes au grand public ce mardi 13 octobre, après avoir été inauguré la veille par Emmanuel Macron. Pour cette 91e édition, plus de 500 000 visiteurs sont attendus jusqu’à dimanche et plus de 100 exposants sont annoncés. Mais en toile de fond, le secteur automobile fait face à une crise qui interroge sur sa capacité à séduire encore les Français. Alors, le marché de l’automobile est-il en train de s’effondrer ?
Crise des carburants, baisse du pouvoir d’achat et augmentation du prix des voitures ne font pas bon ménage. Entre 2010 et 2025, le prix moyen d’une voiture neuve est passé de 19 800 à 36 100 euros. Dans le même temps, le pouvoir d’achat des Français est en baisse depuis 2025, selon une étude de l’Institut français d’économie publiée par Le Monde. À cela s’ajoute la flambée des prix des carburants, qui pèse sur le budget des ménages.
« La mobilité, c'est la croissance de notre nation »
Pour Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, le constat est sans appel : « Il y a de moins en moins de Français qui achètent des voitures. Les Français ont leur permis de conduire, mais ils ont de moins en moins de voitures. »
En cause, notamment, le prix des véhicules neufs et électriques. « Aujourd’hui, une tondeuse à gazon électrique, enfin une voiture électrique, une voiture nucléaire est tellement chère qu’elle devient inabordable pour la plupart des Français », déplore-t-il avec ironie. Il conclut sur ce point : « Les écologistes ont tué la voiture. » Conséquence : « On perd économiquement parce que la mobilité, c'est la croissance de notre nation, explique Pierre Chasseray. On a tué la voiture en France, on a tué la mobilité. »
« Toutes les classes sociales se paupérisent »
Au-delà du prix d’achat de la voiture électrique, il y a aujourd’hui le coût quotidien de la voiture qui inquiète Pierre Chasseray. « Les Français que je croise, ils n’ont plus les moyens de mettre du carburant dans la voiture », affirme-t-il. Une situation qui, selon lui, touche désormais l’ensemble de la société : « Toutes les classes sociales se paupérisent. On a des classes moyennes qui aujourd’hui deviennent pauvres. Pourtant, ils bossent et ils font le boulot, mais ils n’ont plus l’argent le week-end pour assurer un plein de carburant à plus de 100 euros. »
« La voiture, c’est le lien »
« On a oublié l’essentiel. C’est que la voiture, c’est le lien. C’est le lien sur un million de kilomètres de voiries qui font la beauté de la France », rappelle le délégué général de 40 millions d’automobilistes. Il évoque notamment « les petites campagnes aujourd’hui, dans lesquelles il y a des parents qui ne peuvent plus amener les gamins parce que ça leur coûte trop cher ».
Pour Pierre Chasseray, cela devient presque liberticide : « La liberté de se déplacer est conditionnée maintenant à un revenu. Si vous avez les moyens de vous déplacer en voiture, vous avez le droit. » Il voit n’importe quelle « taxe sur la mobilité » comme « un frein à la croissance de notre nation ».
« Le problème de la France, ce n’est pas le détroit d’Ormuz, c’est le détroit de Bercy »
Pour les automobilistes, le coût de la voiture ne s'arrête pas au carburant. Assurance, entretien et réparations alourdissent encore la facture, en particulier pour les jeunes conducteurs. Pierre Chasseray prend l’exemple d’un jeune de 18 ans : « L’assurance automobile pour un jeune conducteur, vraiment la base de l’assurance, c’est plus de 100 balles par mois. Comment voulez-vous qu’un jeune paie son assurance et 150 euros de carburant par mois ? », interroge-t-il.
Question taxes : « On a, en France, les plus élevées sur les carburants par rapport au salaire en Europe », affirme-t-il et ajoute que « l’État a augmenté les certificats d’économie d’énergie de 15 centimes par litre ». Pour conclure avec une formule qui résume sa colère, il juge que « le problème de la France, ce n’est pas le détroit d’Ormuz, c’est le détroit de Bercy ».