Périco Légasse : Depuis la mi-septembre, il y a cette exaspération, cette colère diffuse dans le pays. Estimez-vous qu’elle puisse provoquer un vrai mouvement social de masse à l'échelle nationale, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent ?
Jérôme Rodrigues : J'aimerais vous dire que oui, mais tout sera mis en lumière le 17 octobre, samedi prochain. En tout cas, il existe indéniablement, une colère diffuse. Les gens qui viennent discuter avec moi dans la rue sont des mécontents. [..] Je n'ai jamais eu personne qui vienne me voir en me disant : « le macronisme est génial, j'adore, j'adhère » […] On se demande comment Emmanuel Macron a été élu ! Au-delà des carburants, de l'inflation dans sa globalité, il y a ce ras-le-bol de ne pas être entendu, de toujours payer plus pour avoir moins.
"Ras-le-bol de ne pas être entendu, de toujours payer plus pour avoir moins"
Comment percevez-vous l’action commune et nationale du samedi 17 octobre prochain?
Jérôme Rodrigues : "17 ou pas 17, les problèmes ne vont pas se régler en une journée. Il faudra perdurer, exprimer l'ensemble de nos revendications aujourd'hui pour essayer d'améliorer le quotidien de l'ensemble des citoyens qui vivent dans ce pays. Mais j'appelle à la mobilisation.
📢🧔🏻♂️ #17X2026 LYCÉENS, GILETS JAUNES, TRAVAILLEURS : LE MOMENT EST VENU DE NOUS FAIRE ENTENDRE ! https://t.co/KY435qAKJL
— Jerome Rodrigues Officiel (@J_Rodrigues_Off) October 10, 2026
"On se demande où l'argent est parti"
En participant au mouvement des Gilets jaunes en 2019, vous avez perdu l'usage de votre œil à cause d'une grenade de désencerclement. En 2026, il y a toujours, cette violence immédiate et prolongée. Comment l’expliquer ?
Jérôme Rodrigues : "Déjà, quand on passe de 15 milliards de budget à 25 milliards de budget et que les commissariats continuent à tomber en lambeaux, on se demande où l'argent est parti… Donc pour le maintien de l’ordre, ils sont toujours plus à cran. Aujourd'hui, ça tombe sur les lycéens parce que ce sont eux qui sont en colère, au moment où les commissariats sont en crise."
🗣️ Jérôme Rodrigues, gilet jaune :"Les lycéens prennent encore plus cher que les Gilets jaunes de la part des forces de l’ordre. On est sur une répression policière" #LaFranceDansTousSesEtats 📻 Suivez le direct sur Sud Radio et réagissez au 0 826 300 300 https://t.co/x7s0CdaGOH
— Sud Radio (@SudRadio) October 13, 2026
"Il y a une doctrine aujourd'hui beaucoup plus violente en termes de maintien de l'ordre"
Les lycéens vivent donc le même scénario que les Gilets jaunes ?
Jérôme Rodrigues : "Je pense qu’ils prennent même pire que ce qu'ont pris les Gilets jaunes ! Et puis, il y a ce schéma de violence : le gouvernement élabore son maintien de l'ordre avec des policiers qui n'ont rien à y faire : la BAC ou la CSI, par exemple. C’est pour ça qu'il y a autant de blessés du côté des lycéens. On fait appliquer le maintien de l'ordre à des gens qui n'ont pas cerné ce que peut être un CRS ou un gendarme garde mobile, avec certitude.
On sent qu'il y a une doctrine aujourd'hui beaucoup plus violente en termes de maintien de l'ordre. Leur but du jeu, c'est de faire taire tout mouvement de contestation, tout type de mécontentement. Parce que dans l'absolu, les politiciens n'ont aucune réponse politique à apporter en termes de solution, pour tous les citoyens qui vivent dans ce pays."