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Souleymane D. condamné pour agressions sexuelles sur enfants

Pour la première fois depuis le début du scandale dans le périscolaire parisien, la justice a condamné vendredi un animateur pour des agressions sexuelles sur une enfant, le tribunal s'appuyant sur la "cohérence" et la "crédibilité particulière" de la parole de la petite fille victime.

Un enfant avec un sac à dos sur une rue de Paris
MYCHELE DANIAU - ARCHIVES/AFP/Archives

Pour la première fois depuis le début du scandale dans le périscolaire parisien, la justice a condamné vendredi un animateur pour des agressions sexuelles sur une enfant, le tribunal s'appuyant sur la "cohérence" et la "crédibilité particulière" de la parole de la petite fille victime.

Cette condamnation à 18 mois de prison avec sursis fait date: elle intervient après les relaxes dont ont bénéficié deux autres animateurs parisiens, contre lesquelles le parquet a fait appel. Ces décisions avaient été très critiquées par les associations et les parties civiles, qui les avaient interprétées comme un refus de la justice de prendre en compte la parole des enfants.

Dans un de ces deux cas, le tribunal avait relevé des "variations dans (leurs) déclarations", qui avaient pu être orientées "par les questions de leurs parents".

Rien de tel cette fois, le tribunal relevant que l'enfant, aujourd'hui âgée de six ans, avait apporté des "déclarations constantes, précises et compatibles avec son jeune âge", qui ont contrasté avec celles de l'animateur, "fluctuantes", "évolutives".

Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour "suspicions de violences sexuelles ou sexistes", un nombre traduisant un caractère "systémique", selon le maire de Paris Emmanuel Grégoire, qui a mis en œuvre un plan d'action à 20 millions d'euros pour le périscolaire.

"On est content que la parole de cette enfant ait été entendue", s'est félicité à la sortie du tribunal l'avocat de la famille, Charles Héran. "C'est une décision extrêmement encourageante pour la suite".

"Aujourd'hui, un tribunal a cru la parole d'une enfant de maternelle victime d'agressions sexuelles dans le périscolaire parisien", a salué auprès de l'AFP Barka Zerouali, porte-parole de #MeTooEcole, regrettant néanmoins que la peine soit intégralement assortie du sursis.

Pour la porte-parole du collectif SOS Périscolaire, Anne (qui ne souhaite pas donner son nom), cette condamnation démontre qu'"il est possible de condamner sur la base de la parole d'un enfant par recoupement et faisceau d'indices". Dans les deux précédents procès, "la parole de neuf enfants n'avait pas suffi face à la parole d'un seul adulte", a-t-elle déploré.

- "Aucune tendance à l'affabulation" -

Les faits pour lesquels Souleymane D. a été jugé, des attouchements au niveau du cou, du dos, du sexe et des fesses, se sont déroulés dans un centre de loisirs du 10e arrondissement, entre octobre 2023 et juillet 2025, jusqu'à ce que l'enfant se plaigne auprès de ses parents, "spontanément", "à l'occasion de son refus répété de retourner au centre".

Elle a désigné Souleymane D. "dès les premiers échanges", décrit son mode opératoire, "reproduisant les gestes sur une poupée lorsque les mots lui faisaient défaut", poursuit le tribunal.

"La gêne au moment d'évoquer les faits, la précision de ses descriptions, l'expression de son ressenti et la réitération de ses déclarations devant les enquêteurs puis devant le psychologue, lequel n'avait relevé aucune tendance à l'affabulation, confortait la fiabilité de sa parole", insistent les juges.

A l'inverse, Souleymane D. a apporté des explications "peu convaincantes" et varié "sur le degré de connaissance de la victime et les gestes qu'il avait pu avoir, niant tout d'abord tout contact physique avant d'admettre lui avoir tiré la capuche et fait des chatouilles, tout en contestant les attouchements dénoncés".

Enfin, pour asseoir la conviction du tribunal, cette fragilité de la défense de l'animateur a été accompagnée de faits matériels: "la configuration de la cour de récréation permettait la commission des faits hors de la vue des autres adultes" et l'animateur avait dans son portable des photos montrant qu'"il entretenait des contacts physiques" avec des enfants, alors même qu'il savait que c'était interdit.

Souleymane D., 25 ans, qui n'a fait aucune déclaration à la sortie de l'audience, a dix jours pour faire appel de ce jugement assorti d'une interdiction définitive d'exercer une activité entraînant un contact habituel avec des mineurs et d'une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv).

Par Nicolas GAUDICHET / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#France #Justice #ChildProtection #Paris #SexualAssault

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