Œufs contaminés : un manque de transparence pour les associations de consommateurs

Photo d'illustration ©PHILIPPE HUGUEN - AFP
Photo d'illustration ©PHILIPPE HUGUEN - AFP

Les autorités françaises sont pointées du doigt sur leur gestion de la crise des œufs contaminés par plusieurs associations de défense des consommateurs qui dénoncent un manque de transparence.

Des informations qui tombent au compte-goutte et un scandale qui prend un peu plus d'ampleur chaque jour. Ce vendredi, des associations de défense des consommateurs ont pointé du doigt les autorités françaises dans leur gestion de la crise des œufs contaminés.

"Pour l'instant, les consommateurs sont laissés dans le flou total, s'est alarmée Ingrid Kragl, directrice de l'information de l'ONG Foodwatch. Ils ignorent quelles marques, quels produits sont concernés. Les autorités doivent communiquer en toute transparence car on réalise aujourd'hui que nous avons mangé des œufs contaminés depuis plusieurs mois !"

"Ce n'est pas responsable, cette façon de gérer la crise en France, a déclaré Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. Il y a de quoi être extrêmement critique sur cette gestion opaque du sujet."

Alain Bazot ne s'est pas montré rassuré par l'avis émis par l'Agence de sécurité de l'alimentation (Anses), sur le risque pour la santé en cas de consommation d'œufs contaminés. Il le trouve "entouré de précautions" et juge donc qu'il n'exclut pas le risque pour le consommateur.

"À quand des contrôles européens coordonnés, des moyens, des sanctions ?"

Les défaillances ont également été criantes au niveau européen, ce que dénoncent aussi les associations de défense des consommateurs. "Cette fraude de grande ampleur révèle que le système de traçabilité au niveau européen ne fonctionne pas", a noté Foodwatch.

Alain Bazot estime que cette crise montre "la difficulté qu'a l'Europe à poser des interdictions" : "Il y a un problème de coordination des États. À quand des contrôles européens coordonnés, des moyens, des sanctions ?"

Le scandale des œufs contaminés a démarré la semaine dernière par le retrait de millions d'œufs des supermarchés allemands et néerlandais. À l'origine de l'affaire, l'utilisation du fipronil, un antiparasite strictement banni dans les élevages de poules par l'Union européenne, par des sociétés de désinfection intervenant dans des exploitations agricoles aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio