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Lycées: Geffray en Gironde pour dénoncer les violences et afficher un dialogue

"M. Geffray, allez voir les plus démunis, pas les favorisés." En déplacement autour de Bordeaux jeudi, le ministre de l'Éducation a visité le lycée d'un quartier populaire, désert depuis un saccage, avant d'aller dialoguer avec des élèves dans une banlieue plus cossue.

Édouard Geffray dialogue avec des lycéens lors de sa visite dans un lycée de Bordeaux.
Christophe ARCHAMBAULT - AFP

"M. Geffray, allez voir les plus démunis, pas les favorisés." En déplacement autour de Bordeaux jeudi, le ministre de l'Éducation a visité le lycée d'un quartier populaire, désert depuis un saccage, avant d'aller dialoguer avec des élèves dans une banlieue plus cossue.

Un important dispositif policier quadrille les abords de l'établissement polyvalent des Iris, à Lormont dans le nord de l'agglomération, quand arrive Édouard Geffray pour constater les dégâts d'une violente intrusion il y a une semaine, en marge du mouvement lycéen.

Une trentaine de jeunes avait alors incendié et mis à sac les locaux d'une filière professionnelle d'imprimerie, pour un préjudice de plusieurs centaines de milliers d'euros.

"Ce ne sont pas forcément des élèves qui font ça, on se heurte à une frange, ce ne sont pas des individus qui sont à l'écoute, ni dans le dialogue", souligne le proviseur, Thierry Malewicz. "Le dialogue existe, il a déjà débouché sur des actes, mais les gens qui font ça (...), ce sont des criminels", répond le ministre. "Bravo d'avoir fait face."

À l'intérieur, l'odeur du feu est encore prégnante. La salle des coûteuses machines à imprimer a pu être préservée par des membres du personnel. "Je suis un prof et un citoyen donc on ne touche pas à mes impôts", glisse l'un d'eux au ministre.

Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray parle aux lycéens du lycée des des Graves à Gradignan près de Bordeaux le 15 octobre 2026

Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray parle aux lycéens du lycée des des Graves à Gradignan près de Bordeaux le 15 octobre 2026

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

Dehors au milieu des barres d'immeubles, un rassemblement de lycéens et d'enseignants est tenu à bonne distance du ministre.

"Il est à côté de nous, à 500 mètres, on est là de façon pacifique et on ne nous laisse pas passer", regrette Coline, 17 ans, élève de terminale d'un établissement voisin. "Pourquoi toujours parler des violences, alors que nous on a des choses à dire sur les conditions de vie dans nos lycées ?".

Autour d'elle, Élias, 16 ans, en première aux Iris, évoque des toilettes sans porte et sa classe de 38 élèves en seconde l'an dernier: "Il faudrait plus de profs".

- "Ici, ils sont gentils" -

Un convoi de voitures plus tard, Édouard Geffray rejoint le lycée des Graves à Gradignan, dans le sud plus verdoyant de l'agglomération. "Ici, ils sont gentils les lycéens", murmure un membre de l'équipe municipale dans l'assistance.

Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray rencontre des lycéens du lycée des  Graves à Gradignan, près de Bordeaux, le 15 octobre 2026 en Gironde

Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray rencontre des lycéens du lycée des Graves à Gradignan, près de Bordeaux, le 15 octobre 2026 en Gironde

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

Quelques dizaines d'élèves sont rassemblés devant les grilles, avec des pancartes dont l'une suggère au ministre d'aller voir "les plus démunis, pas les favorisés". "Il vient dialoguer ici mais il ferait mieux de le faire ailleurs", justifie Manon, 16 ans, en première.

Dans une salle, une vingtaine de délégués de classe et d'élus au conseil de la vie lycéenne peuvent échanger une heure avec Édouard Geffray. Les caméras, pas prévues au programme, peuvent finalement rester.

"Il faut qu'on se raconte plein de choses, enfin surtout vous", entame le ministre en précisant que l'établissement des Graves a envoyé le plus de contributions, en Gironde, à la plateforme de consultation nationale ouverte aux lycéens. Il les a lues dans le train: "L'eau dans le gymnase, ça revient beaucoup".

Une seule prof principale pour 33 élèves au lieu de deux, une seule infirmière pour tout l'établissement, "stress de Parcoursup"... Les questions s'enchaînent et les réponses se veulent rassurantes.

Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray rencontre des lycéens du lycée des Graves à Gradignan, près de Bordeaux, le 15 octobre 2026 en Gironde

Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray rencontre des lycéens du lycée des Graves à Gradignan, près de Bordeaux, le 15 octobre 2026 en Gironde

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

"Seuls 34 élèves l'an dernier, sur plus d'un million à avoir formulé des vœux, n'ont pas eu de formation l'an dernier", souligne Édouard Geffray. "Oui mais beaucoup en ont accepté une par peur de se retrouver sans rien", objecte une élève.

L'emploi du temps ? "Ça fait partie des choses qu'on regarde." Les médecins scolaires ? "J'ai les postes mais pas les candidats." Les effectifs en classe ? "Vous êtes la classe démographique la plus nombreuse, ces mouvements sont un peu compliqués à gérer."

Au final, Érine, 17 ans, a apprécié de "pouvoir parler librement et directement au ministre" même si "certaines de ses réponses ont été décevantes", voire "très floues". "Ce n'était pas concret, il nous a seulement dit qu'il allait réfléchir", abonde Samory, autre participant de terminale.

Par Pierre PRATABUY / Gradignan (France) (AFP) / © 2026 AFP

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