"Les ventes privées ont anticipé les soldes d'été"

Les soldes d’été vous ont-ils donné envie de consommer à nouveau ? Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, la Fédération du commerce spécialisé ; Stéphanie Villers, économiste, co-auteure du livre "Crise économique 2020 : vers un nouveau monde ?" (éditions Economica), et Nicolas Arin, président de l'association des commerçants de la rue du Maréchal Joffre à Nice, étaient les invités du débat du jour sur Sud Radio le 28 juillet à 9h10, avec Benjamin Glaise et Judith Beller.

Les soldes d’été ont-ils été un succès ? (Damien Meyer / AFP)

Au 17 juillet, les commerçants notaient un chiffre d’affaires en baisse de 12% par rapport à 2019 et 28% de trafic en moins. Dans un contexte particulier, les soldes d’été vous ont-ils donné envie de consommer à nouveau ?

"Une très longue fermeture des magasins"

Quel bilan faire de ces quatre semaines de soldes ? "Il est négatif et sans surprise, en fait, estime Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, la Fédération du commerce spécialisé. Il ne faut pas oublier que le Covid-19 est toujours là et génère un comportement différent, notamment dans les grandes villes, avec un taux de télétravail extrêmement élevé. Par ailleurs, avant cette période de solde, il y a eu une très longue fermeture des magasins, du 1er février au 19 mai. À la sortie de ce confinement, les acteurs du commerce ont fait des ventes privées, une certaine anticipation des soldes."

"Juste avant, c'était la réouverture des commerces et on avait vu que le mois de juin avait été très bon, confirme Stéphanie Villers, économiste, co-auteure du livre Crise économique 2020 : vers un nouveau monde ? (éditions Economica). Les Français étaient allés dépenser leur argent de la période de confinement et de couvre-feu. Il y a eu une forme d’essoufflement pendant cette période de soldes en juillet, en partie à cause de ce variant. La météo n’était pas non plus au rendez-vous."

 

"Une prévision de 5% de croissance"

Des secteurs s’en sont-ils mieux sortis que d’autres ? "Il y a eu 15 jours de soldes à peu près dynamiques, puis cela s’est effondré. Les soldes sont plus orientés sur la personne, ce sont des secteurs plus sensibles au fait de saisonnalité, juge Emmanuel Le Roch. Depuis le début de la pandémie, l’équipement de la personne souffre davantage que l’équipement de la maison. Nous passons logiquement plus de temps chez nous, et les besoins et envies des consommateurs se sont orientés plus autour de la maison qu’autour de l’habillement."

Les soldes n’étant plus un événement commercial, va-t-on vers une nouvelle manière de consommer ? "Oui, estime Stéphanie Villers. Si l’on regarde les dépenses des ménages, il faut les voir sur une plus longue période que celle des soldes. Notamment pour les commerces. On voit que les prévisions de croissance de la consommation des ménages sur 2021 sont relativement optimistes. On parle de 5% de hausse alors que cela avait baissé de 7% en 2020. Il y a cette réserve de pouvoir d’achat, entre chômage partiel et télétravail ayant permis de maintenir les rémunérations. Notre pouvoir d’achat a été maintenu."

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