Les stylos rouges dénoncent une politique éducative purement comptable

Les stylos rouges dénoncent les carences de la politique éducative, dans la foulée des gilets jaunes
JACQUES DEMARTHON / AFP

Les enseignants fâchés tout rouge se font également entendre, sur fond de gilets jaunes. Ils manifestaient mercredi après-midi devant les portes du rectorat de Toulouse. Selon eux toutes les réformes de ces dernières années, notamment celles de Jean-Michel Blanquer, traduisent une logique essentiellement comptable... en dépit de la communication du ministre !

Antoine, professeur venu du Tarn, dénonce une réforme du lycée bâclée, car menée à marche forcée: "l'élève va devoir choisir dés la seconde, mais sans forcément savoir ce que le niveau supérieur attend. Qu'on nous dise envisager de faire une réforme pour supprimer les filières, en réformant dans cinq ans le temps de bien poser les choses, je serais d'accord. Mais une réforme, ça doit être réfléchi".

Réformes bâclées et communication sans moyens derrière

Attention, prévient Aurélie, à ne pas confondre réforme et communication. Pour cette enseignante en primaire, la réforme Blanquer consiste finalement à déshabiller Pierre pour habiller Paul dans les écoles REP/REP+:

"Les CP à douze élèves, par exemple, ça aurait pu être une très bonne chose. Sauf que le nombre d'enseignants n'a pas suivi, donc les CM1-CM2 se retrouvent souvent à 27 ou 28. Donc le ministre fait une très bonne communication... mais nous, on n'a pas les moyens qui vont avec !".

Blandine est enseignante dans un collège de l'éducation prioritaire. Elle entend aussi dénoncer le "travailler plus, sans gagner plus": "Dans le collège où je travaille, les profs ont dû arrêter de donner les heures de devoirs faits puisque y'a plus d'argent pour les payer. Et ils ont arrêté de faire du bénévolat ! Donc les élèves n'ont plus devoirs faits, il y a des services civiques qui ont été recrutés, mais ce ne sont plus des professeurs".

Des stylos rouges, de sortie pour corriger la copie du ministre Blanquer. Visiblement... "peut mieux faire" !

Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

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