Les abattoirs cherchent à reconquérir l'opinion: "On tue proprement"

Alors que le parti animaliste a créé la surprise lors de ces européennes en récoltant plus de 2 % des voix, la filière viande mène une opération séduction auprès du grand public , "Made in viande". Jusqu'à à la fin du mois, les professionnels de la filière organisent des visites, des rencontres des boucheries, des élevages ou encore des abattoir.  Christine Bouillot  a enfilé sa tenue de sécurité pour aller visiter l’abattoir de Pamiers en Ariège, un "petit" abattoir de proximité qui compte  20 salariés.

 

 

Thumbnail

Pour cette visite, le gérant Francis Rey joue la transparence totale. "On gagne à être connu parce-que nous nourrissons les hommes, tout simplement, sans aucune prétention. Certes, l'industrialisation entraîne des excès qu'on dénonce, mais nous sommes des abattoirs de proximité et nous tenons à ouvrir nos portes pour montrer comment nous travaillons, et quel service nous rendons à la population."

Moins de transport et de stress pour de la viande de proximité

Depuis 4h du matin, les animaux arrivent des élevages du département. Etienne Dando est éleveur de brebis en Ariège: "C'est ce qui nous permet de faire encore de la vente directe, d'avoir un outil de proximité. Nos bêtes faisant très peu de transports, elles sont peu stressées et on présente une viande de qualité directement à nos clients". Ensuite, tout se fait dans le calme: après un contrôle de traçabilité sous l'œil de deux agents des services vétérinaires, les animaux arrivent en salle d'abattage, étourdis avec une pince électrique provoquant une perte de conscience avant d'être saignés.

Tuer proprement des êtres sensibles

Les méthodes et l'approche ont changé, explique Francis Rey: "On a des animaux qui sont considérés comme des êtres sensibles, et donc nous devons les tuer le plus proprement possible, dans le respect de ce qu'ils représentent". Les 400.200 tonnes de viande qui sortent de l'abattoir de Pamiers chaque année sont destinés aux circuits courts de distribution, permettant l'activité en zone de montagne de 80 éleveurs.