Le choix du zéro pesticides a conquis les cœurs à Versailles

Une mauvaise herbe
Ilona Frey de Pixabay

Alors que la polémique glyphosate est relancée par la publication d’un nouveau rapport du sénat qui relativise la dangerosité de l'herbicide, ses détracteurs continuent de se battre. Si l’usage du pesticide n’est toujours pas interdit dans l’agriculture, la loi Labbé contraint les communes, depuis 2017, à n’utiliser aucun produit phytosanitaire dans les espaces verts ouverts au public. Certaines communes n’ont pas attendu la loi pour passer au zéro pesticide, c’est le cas de Versailles, ville de près de 100.000 habitants dans l’ouest de Paris.

Reportage Sud Radio de Valentine Rault

Plus de 85 hectares d'espaces verts: Marielle, versaillaise depuis plus de 30 ans, apprécie. "Je suis à 100% pour l'arrêt des pesticides. Même si c'est à l'échelle de la commune, l'effort peut grandir et faire boule de neige." L'absence de pesticides vaut bien quelques herbes folles pour elle et son amie, Evelyne. "Même si l'herbe est moins entretenue, moins rasée, ça n'a aucune importance. C'est vrai que ça ressemble plus à un jardin à l'anglaise qu'à la française, mais moi je préfère. C'est plus naturel."

Moins d'arrosage, plus de mains vertes

Depuis 10 ans Versailles a fait le choix d'une nature plus libre. Cathy Biass-Morin, directrice des espaces verts, défend le choix d'une gestion naturelle, même à l'échelle d'une grande ville: "On préfère voir de l'herbe spontanée, et la tondre, plutôt que de vouloir supprimer l'herbe. Donc on a eu une grosse politique de ré-enherbement. Notre gestion a été globale. En arrêtant l'arrosage automatique sur les pelouses, j'ai récupéré les économies d'eau, et je les ai re-basculées en prenant des gens en insertion pour nous aider à désherber et passer la débroussailleuse." Les communes qui continuent à utiliser des pesticides s'exposent à 75.000 euros d'amende.

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