Journée de grève dans les crèches : "une maltraitance institutionnelle se met en place"

Mobilisation aujourd'hui dans une cinquantaine de villes du pays, où le personnnel des crèches est en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail qui, selon eux, se dégradent. Et par-dessus tout, un projet de réforme qui prévoit notamment de mettre plus d'enfants dans les crèches, sans pour autant augmenter le nombre d'établissements. Problème : ce projet est porté par voie d'ordonnances, c'est-à-dire sans besoin que le Parlement vote une nouvelle loi.

Les enfants sont les premiers à pâtir du manque de moyens alloués aux crèches (Photo de Thomas SAMSON / AFP)

Un reportage de Cyprien Pézeril pour Sud Radio.

 

La France des assistantes puéricultrices - et autres professions du monde de la crèche - se mobilise pour dénoncer le manque de moyens, cumulé à une réforme des retraites pénalisante. C'est le cas notamment à Enghien-les-bains.

Bientôt 12 ans que Sophie David Marec travaille dans des crèches pour une rémunération à peine supérieure au SMIC. Et, à la lumière du témoignage de la déléguée CGT. Elle manifestera cet après midi.

"Quand on se retrouve toute seule avec huit enfants et qu'un de ceux-ci a la couche souillée, on doit bien s'absenter, au détriment des autres enfants laissés sans surveillance. Il y a alors de risques de blessure. Une forme de maltraitance institutionnelle est en train de se mettre en place" témoigne Sophie, déléguée CGT dont le quotidien s'inscrit dans les crèches.

 

Conditions d'accueil et surchage de travail : de quoi être pessimiste

Avec la réforme, les personnels devront s'occuper de plus d'enfants. Sophie est désormais exclusivement déléguée syndicale CGT. Naturellement, vient cet aveu : si elle avait besoin de faire garder ses enfants, elle ne les mettrait pas en crèche.

"Quand on fait mal notre travail, on rentre le soir et on se dit qu'on a pressé un enfant pour s'endormir en pensant déjà aux dix autres qui attendaient leur repas. Et avec la réforme des retraites, cela va aller en s'empirant". rapporte toujours Sophie.

Un accueil qui va se dégrader et malheureusement, comme souvent, c'est l'intérêt de l'enfant qui passera au second plan selon Stéphane Fusteck, responsable CGT commerces & services. Ce pourquoi les grévistes réclament aussi l'ouverture de nouvelles crèches.

"On est dans une logique financière, pas dans une logique d'amélioration des conditions d'accueil" déplore Stéphane Fusteck de la CGT commerces et services.