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"Il y a l’alcoolisation des villes, et maintenant celle des champs"

Le Professeur Vincent Bounes, chef du Samu 31 au CHU de Toulouse était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 12 juin. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le SAMU de Toulouse s’inquiète d’une explosion des comas éthyliques depuis le déconfinement. Le Pr Vincent Bounes, chef du SAMU 31 au CHU de Toulouse, a lancé l’alerte suite au week-end dernier : "On a observé un nombre important de comas éthyliques. On y est habitué chez les jeunes. Mais d’habitude, c’est hebdomadaire, le vendredi et le samedi. Là, c’est tous les jours. Nous avons beaucoup de jeunes hospitalisés tous les soirs, des phénomènes d’alcoolisation massive".

 

Garçons et filles dans des états de coma grave

"C’est dangereux d’être en coma éthylique, souligne-t-il. Il y a d’abord le risque de l’alcool en lui-même : l’inhalation. Vous vomissez, le vomi va dans vos poumons et obstrue les voies aériennes, avec des conséquences dramatiques. Ensuite, vient tout ce qui est lié à l’alcool : la traumatologie, la traumatologie routière, les rixes, les agressions, et les agressions sexuelles, malheureusement. Sans oublier tout ce qui est hypothermie : il n’est pas bon de dormir dans la rue".

Quel âge ont ces jeunes alcoolisés à outrance ? "Cela va de 16 à 22 ans, et se calme un peu après. On a probablement plus de maturité, et on connait mieux ses limites que lorsque l’on est très jeune. C’est mixte, avec pratiquement autant de garçons que de filles à se retrouver dans des états de coma grave. Et parfois, elles se retrouvent seules, vulnérables, à la merci de n’importe qui…".

 

Des jeunes à la campagne ou en résidence secondaire

Où cela se passe-t-il ? "Il y a deux types d’alcoolisation, détaille le chef du Samu 31 au CHU de Toulouse. Celle des villes et celle des champs. La ville, ce sont les bars et les lieux chauds de Toulouse, assez connus de tous. Maintenant, ce qui est un peu nouveau, c’est l’alcoolisation des champs. Les jeunes sont dans une maison de campagne, une résidence secondaire. Il n’y a pas les parents, ils en profitent. Ils sont 20, 30, 40, et s’alcoolisent massivement à la campagne, au milieu de rien. C’est un équivalent du « binge drinking ». Vodka, whisky… il s’agit à la fois d’alcools très forts avec des prises massives et très courtes dans le temps".

Que faire face à ce boom des comas éthyliques ? "D’abord, être ivre sur la voie publique, c’est un délit, rappelle le Professeur Vincent Bounes. Il ne faut pas oublier que l’on est en infraction. Ensuite, il y a un message de prévention à faire passer aux jeunes. Ce n’est vraiment pas beau et pas glorieux d’être ainsi, et dangereux. Envers les parents, ce n’est pas parce qu’un gamin a 18 ans qu’il ne faut pas l’aider un peu et le conseiller sur comment il faut boire, et entre guillemets, bien boire, apprécier en petite quantité avec des amis et non se lancer dans une frénésie alcoolique".

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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