Grève des enseignants : "Le ras-le-bol est total, ce protocole Covid est intenable"

Ce jeudi, les enseignants font grève. Ils sont en colère contre Jean-Michel Blanquer et sa gestion du Covid à l'école qui est logiquement critiquable explique Alexis Poulin

Ludovic MARIN - AFP/Archives

Ce jeudi, les enseignants se mettent en grève suite au dernier protocole mis en place par le ministre de l'Éducation pour faire face au Covid. Pour Alexis Poulin, ce ras-le-bol général est une accumulation de problèmes qui se matérialisent dans ce mouvement de grève.

"Le ras-le-bol est total de la part des professeurs, du corps enseignant et des parents d’élèves. Ce protocole, personne ne l'a compris. Il a été dévoilé dans un journal la veille de la rentrée par le ministre qui traduit une sorte de je-m'en-foutisme ou même de maltraitance du corps enseignant et des parents. Ce protocole est intenable avec est un tiers du temps à faire la queue à la pharmacie, un tiers du temps à l’école et un tiers du temps à essayer de voir si on peut rattraper ce qui n’a pas été fait en classe".

"Et puis, on a des professeurs qui ont l'impression d'être là pour faire garderie. Or, l’École de la République, ce n'est pas ça. En plus, tu as un ministre qui a été incapable de leur fournir des masques FFP2 sachant qu'Omicron se diffuse davantage. Un rapport de l'OMS dit à ce sujet que 50 % des Européens vont être infectés par ce variant d'ici 3 mois même pas. Donc on est sur quelque chose de très différent de la première vague du Covid".

"Ces 2 ans d’école ouverte ont fatigué le corps enseignant, qui a donc décidé de faire grève"

"Donc il faut avoir un autre protocole. Évidemment, ça fait deux ans que le Covid existe et Jean-Michel Blanquer n'a pas fait en sorte qu'il y ait des capteurs de CO2, des purificateur d'air dans les écoles. Et les masques FFP2 ne sont pas là pour le corps enseignant. Donc on a l’impression d’une impréparation. La majorité parle même de Jean-Michel à peu près".

"Car même s’il a encore le soutien du chef de l’État et qu'Emmanuel Macron dit qu’il n'y a pas de fusible, on voit bien que ça chauffe quand même pour Jean-Michel Blanquer qui avait vendu son livre "l'école ouverte". Pendant ces 2 ans de Covid, son challenge a été de garder l'école ouverte donc il a tout fait pour".

"C'est un succès d'une certaine façon puisque on voit chez nos voisins que c'est compliqué également. Mais là, sur le protocole de rentrée qui a été fait à la va vite - soyons clair, la veille de la rentrée on ne sort pas un protocole pour tout le monde - c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase".

"Ces 2 ans d’école ouverte ont fatigué le corps enseignant, ont perdu les parents et surtout les élèves. Il faut voir aussi les taux de suicides et de tentatives de suicides chez les adolescents, c'est impressionnant et inquiétant. Il ya une maltraitance généralisée. Alors, évidemment, il y a le Covid mais peut-être qu'on peut le traiter différemment, arrêter aussi d'angoisser ces jeunes qui risquent moins que les personnes âgées et faire en sorte qu’il y ait une école ouverte mais qui se passe dans des conditions qui sont bonnes pour les élèves comme pour les professeurs".

À lire aussi :

Enseignants en grève : la moitié des écoles fermées jeudi