Grève des enseignants : "Blanquer prend le boomerang de cette forme de désinvolture"

Ce jeudi 13 janvier, les enseignants sont massivement en grève. Mais si Jean-Michel Blanquer est visé en France, la colère est mondiale détaille Françoise Degois.

Blanquer
Ludovic MARIN - AFP/Archives

Ce jeudi 13 janvier, des milliers d'enseignants sont en grève et font part de leur épuisement face à la gestion du Covid dans les écoles. Un phénomène qui ne touche pas que la France et le domaine de l'Éducation mais qui est multiple et planétaire rappelle Françoise Degois.

"Blanquer au piquet, Blanquer bonnet d'âne ! Qu'est-ce qu'il lui arrive, dites-moi, au chéri du gouvernement ? ironise Françoise Degois. Pourtant il avait réussi à imposer un consensus général de l'école ouverte quoi qu'il en coûte, quoi qu'il se passe. C'était le totem politique de ce gouvernement !"

"Eh bien, aujourd'hui, Jean-Michel Blanquer c'est le bonnet d'âne. Il fait face à une grève inédite avec une union sacrée des professeurs, des parents d'élèves pour dire : stop au cauchemar Omicron, stop à la folie des protocoles qui change tous les 2 jours, stop aux tests, aux auto-tests... tout le monde devient fou".

"En plus, ce sont des écoles Potemkine car on dit que les écoles sont ouvertes mais ce n'est que la façade qui est ouverte. Les classes, elles, sont fermées. Les professeurs font garderie. C'est un ras-le-bol absolument général et c'est un ras-le-bol qui va au-delà d'Omicron.

"Cette grève montre qu'il y a un sentiment d'être maltraité par un ministre arrogant"

"Il faut voir ce que les profs ont avalé, ont enduré. D'abord, pendant le confinement, ils ont fait un travail à distance avec les moyens du bord car l'Éducation Nationale n'avait rien prévu. Après, quand ils ont été déconfinés, ils se font attaquer, accusé d'avoir, pour certains, tiré au flanc. Ils ont ramé avec des connexions internet qui ne marchait pas et ont été pointés du doigt par le ministre et toute la majorité".

"Il y a un sentiment d'être maltraité par un ministre arrogant un peu je-m'en-foutiste qui ne consulte personne avant de faire ses annonces et en changeant par 3 fois le protocole. Jean-Michel Blanquer, d'ailleurs, qui persévère face à sa première difficulté. Il ne voyait pas une chose aussi violente lui arriver et apparement, avant le conseil des ministres, ça s'est frité entre lui et Olivier Véran. Le premier a reproché au second de ne pas l'avoir assez défendu à l'Assemblée Nationale... ambiance ambiance..."

On ne passe plus rien à personne ni en France, ni ailleurs

"C'est vraiment planétaire. Regardez ce qu'il se passe avec Novak Djokovic en Australie. Les Australiens ne passent rien à ce champion.  Et surtout pas un passe-droit parce que les citoyens australiens ont fait énormément d'efforts et ne veulent donc pas lui faire de cadeaux".

"Regardez ce qu'il se passe en Grande-Bretagne, les Britannique ne veulent pas non plus faire de cadeaux à Boris Johnson parce qu'ils ont fait énormément d'efforts. Et pendant qu'ils en faisaient, eh bien lui faisait des apéros dans les jardins du 10 Downing Street. Tout ce qui est demandé aux citoyens, exige un attitude qui ne doit pas être une attitude désinvolte - ce qui a été le cas pour Jean-Michel Blanquer - une attitude arrogante car les citoyens ne passent plus rien. Aujourd'hui, d'une certaine manière, Jean-Michel Blanquer prend le boomerang de cette forme de désinvolture"

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