Gironde : la projection de pesticides à proximité des écoles fait tiquer les associations

Les pesticides trop près des écoles, dans le viseur de certaines associations en Gironde (©Christophe Bernard - AFP)

Reportage Sud Radio. En Gironde, plusieurs organisations en appellent aujourd’hui au préfet pour éloigner les pesticides des écoles.

Cinquante mètres. Telle est la limite autour des écoles de Gironde en-dessous de laquelle il est interdit d’utiliser des produits CMR (Cancérigènes, Mutagènes ou Reprotoxiques). Un chiffre trop faible selon une dizaine d’organisations (associations environnementales, associations de défense des victimes de pesticides, syndicats), qui écrivent aujourd’hui au préfet pour lui de demander de prendre "de toute urgence" des mesures pour protéger les enfants des 128 écoles classées sensibles dans le département. Parmi leurs demandes, une extension de la limite à 200 mètres au moins.

"Nous demandons 200 mètres sans pulvérisation de produits CMR et nous voulons rencontrer le préfet très vite pour voir avec lui quelles mesures contraignantes peuvent être prises au niveau de la Gironde", déclare Sylvie Nony, secrétaire d’Alerte Pesticides Haute-Gironde, au micro de Sud Radio. Pour ces associations, il y a aujourd’hui urgence, car la prochaine campagne de pulvérisation de pesticides sur les vignobles bordelais approche à grands pas. "Dans à peine un mois et demi, un peu moins, les pulvérisateurs seront de retour dans les vignes, à quelques mètres des écoles. C’est une protection minimale, on ne peut pas faire moins pour la santé des enfants. Il faut être sur le pied de guerre contre les effets des pesticides", réclame Marie-Lys Bibeyran, porte-parole du collectif Infos Médoc Pesticides.

Pour Dominique Techer, viticulteur et secrétaire départemental de la Confédération Paysanne, il est tout à fait possible de se passer de ces produits CMR. "Aujourd’hui, il y a des programmes qui fonctionnent sans produits CMR, à base de fosétyl ou de phosphonates, qui ne sont pas des produits dangereux ! Pourquoi n’utilise-t-on pas ça massivement, au lieu de continuer sur des produits hyper toxiques ? C’est catastrophique, et il faut préserver la santé des enfants ! Les enfants, c’est notre avenir, ce n’est pas négociable ! Il faut prendre les moyens qu’il faut et arrêter de tergiverser. Il faut des choses chiffrées et précises sur les molécules les plus toxiques", assure-t-il.

Un reportage de Christophe Bernard

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