Faut-il des prisons à part pour les radicalisés ?

La prison de Villepinte affiche un taux d'occupation record de 201%
Comment gérer la violence croissante à l'égard des personnels dans les prisons ?

Faut-il des prisons à part pour les radicalisés ? C’est le débat du jour dans "Info vérité" sur Sud Radio le 6 Mars. Avec pour invités :
- Dominique Compère, secrétaire général adjoint SNP-FO ;
- Joaquim Pueyo, député PS de l'Orne, coprésident du groupe parlementaire sur l'étude sur les prisons et les conditions carcérales, et membre de la commission des lois ;
- Jean Messiha, délégué national du FN ;
- Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne ;
- Wildried Fonck, secrétaire national UFAP UNSA Justice.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Un détenu radicalisé, Michael Chiolo, a agressé deux surveillants, le 5 mars au matin, au centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), en criant Allahou Akbar. Le détenu était reconnu radicalisé et pourtant, il n’était pas détenu au sein de l’unité spéciale de lutte contre la déradicalisation de ce centre pénitentiaire. Alors, faut-il des prisons à part pour les radicalisés ?

Impossible de forcer à déradicaliser

"Aujourd’hui, il existe déjà des cellules à part, mais qui restent intégrées aux prisons, donc peu étanches : les QER ou les QPR, explique Clémence Houdiakova. Des cellules de déradicalisation de quinze personnes environs. Les places sont chères, et elles reposent sur le volontariat ! Évidemment, il existe des mesures de contrainte. Mais juridiquement, dans notre démocratie, il est impossible de forcer quelqu’un à suivre un programme de déradicalisation." Des procès ont d'ailleurs déjà été gagnés en ce sens. C’est pourquoi, Michael Chiolo se trouvait dans une cellule de droit commun.
 
Moralité : aujourd’hui, pour les pires radicalisés, il n’existe rien de plus que la prison de droit commun ? "Il existe des prisons dites sécuritaires, souligne Clémence Houdiakova. C’est le cas de celle d’Alançon. Ce sont des prisons dont l’architecture est plus sécurisée : plus de grilles, plus de contrôle... Mais les moyens humains sont les mêmes qu’ailleurs ! Est-ce que vous savez d’ailleurs que les surveillants n’ont rien d’autres que leurs mains et leur sifflet pour se protéger ?"

Un incubateur de radicalisation

Comment éviter le prosélytisme ? "La prison est un incubateur de radicalisation", selon les mots de François Molins, à l’époque Procureur de la République de Paris. "Il faudrait trouver un juste milieu entre le Guantanamo des Américains et d’autres systèmes comme au Danemark ou en Norvège, hors du système pénitentiaire" détaille Clémence Houdiakova. Le syndicat FO Pénitentiaire demande justement des prisons à part avec plus de moyens sécuritaires, plus de moyens humains…

Suite aux agressions du 5 mars, un mouvement a été déclenché par l’ensemble des surveillants pénitentiaires. "L'évolution de la population pénale de plus en plus compliquée à gérer, explique Dominique Compère, secrétaire général adjoint SNP-FO. Ce ne sont plus les prisonniers classiques d’il y a 30 ans. On compte 101 agressions physiques depuis le début de l’année sur les personnes, près de deux par jour. Nous avons des collègues qui restent au sol, cela ne peut plus durer. Nous avons alerté la Garde des Sceaux sur ces sujets. Elle ne nous entend pas. Je pense qu’elle est mal conseillée. Il faut vite qu’elle nous reçoive, sinon nous allons partir sur un mouvement comme en janvier 2018."

Quid des détenus radicalisés ? "Nous avons ce problème de radicalisation à gérer. Nous demandons la classification des établissements en fonction du profil des détenus, pour pouvoir les regrouper. Quand on mélange, on encourt le risque de propager."

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Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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