Elisabeth Lévy - "Questions cons des journalistes : Élisabeth Borne a parfaitement raison !"

"Questions cons des journalistes". Élisabeth Lévy manifeste sa solidarité à Élisabeth Borne.

"Questions cons des journalistes". Élisabeth Lévy manifeste sa solidarité à Élisabeth Borne.

La scène se passe dans le 7 ème arrondissement, sur le trajet de quelques centaines de mètres qui sépare l’Hôtel de Matignon de l’Assemblée, mercredi, peu avant le discours de politique générale à l'Assemblée.Le premier ministre (oui c’est une fonction) les parcourt à pied, suivie par quelques ministres (Darmanin, Véran…) et une nuée de journalistes qui l’interrogent. Et voilà ce que ça donne

  • Dans quel état d’esprit vous êtes
  • Sereine et concentrée 
  • C’est important cette journée ? 
  • Oui je pense

À ses ministres : La nuée s’écartant elle pense pouvoir profiter des quelques minutes qui lui restent avant son épreuve du feu. Et se tourne vers les ministres : C’est marrant, on passe notre temps à répondre à des questions con. Vous êtes contente d’être là ? Bah oui sinon je serais allée au soleil…

Seulement les caméras continuaient à tourner.

Ça vous a choqué ?

Eh bien non ! Elle a parfaitement raison. Quand j’étais enfant, avec mon père, on se moquait des journalistes qui interrogeaient les sportifs à la fin d’une compétition ou un écrivain primé : vous êtes contents  d’avoir gagné ? vous êtes heureux d’avoir le Goncourt ? Et on rêvait qu’un jour, il y en ait un qui réponde : eh bien non, imbécile, je suis furieux,  j’aurais préféré perdre. Aucun n’a jamais osé. D’ailleurs Elisabeth Borne non plus. Quand elle a lâché sa vérité, elle ne se savait pas entendue. 

En visionnant cette scène, j’ai été saisie de compassion. C’est dur la politique. Personne n’est jamais content de vous. Vous gagnez moins que dans le privé. Vous pouvez être viré du jour au lendemain. On dissèque votre vie privée. Et en prime, comme l’avait dit Léotard, vous vous faites insulter par des journalistes incultes. 

À en juger par le nombre de tweets disant qu'elle a raison, je crois au contraire qu’un politique qui oserait tenir la dragée haute aux journalistes pas sur le mode Mélenchon qui éructe voire insulte quand on le contredit mais en se moquant gentiment d’eux, marquerait des points dans l’opinion. À Contrario Rachida Dati déclarant à Léa Salamé que non France Inter n’est pas une radio de gauche parce qu’elle a peur d’être tricarde m’a beaucoup déçue. 

Alors, bon courage au Premier ministre. ET quant à moi, je essayer d’éviter les questions cons pendant l’été que je vous souhaite à tous excellent !