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Élections municipales: vers une participation historiquement faible au premier tour, scrutin "Covid" de 2020 excepté

L'abstention gagnerait-elle durablement les élections municipales ? Les instituts de sondage prévoient une participation comprise entre 56% et 58,5% pour le premier tour dimanche, un score en nette baisse par rapport à 2014 et seulement devant celui de 2020, en pleine pandémie de Covid.

Lionel BONAVENTURE - AFP

L'abstention gagnerait-elle durablement les élections municipales ? Les instituts de sondage prévoient une participation comprise entre 56% et 58,5% pour le premier tour dimanche, un score en nette baisse par rapport à 2014 et seulement devant celui de 2020, en pleine pandémie de Covid.

Avant ce premier tour de scrutin, sondeurs, observateurs et politiques s'accordaient sur un point: en raison du Covid, toute comparaison avec les précédentes élections municipales de 2020, et singulièrement le premier tour qui s'était tenu à quelques jours du confinement, étaient à proscrire. Jeudi, un baromètre Odoxa-Backbone pour Le Figaro tablait sur une participation comprise entre 65% et 71%.

Une urne contenant des bulletins de vote au premier tour des élections municipales, le 15 mars 2026 à Perpignan

Une urne contenant des bulletins de vote au premier tour des élections municipales, le 15 mars 2026 à Perpignan

Ed JONES - AFP

Une fourchette au-delà du résultat: selon les estimations des différents instituts de sondage, publiées à partir de 17h00, la participation pour ce premier tour sera finalement comprise entre 56% et 58,5%.

Ces chiffres représentent donc sans surprise une hausse par rapport au plancher historique de mars 2020 (42,30%). Mais ils traduisent surtout une baisse sensible par rapport aux élections de 2014, qui avaient vu la participation s'établir à 63,55% au premier tour.

L'institut Ifop Fiducial, pour TF1, LCI et Sud Radio, évalue la participation à 57%. Ipsos BVA CESI École d'ingénieurs, pour France Télévisions, Radio France et les chaînes parlementaires, l'évalue de son côté à 56%, comme Opinionway, pour Cnews, Europe 1 et Le Journal du dimanche.

L'institut Toluna Harris Interactive pour M6-RTL la chiffre à 58,5% et l'institut Elabe pour BFMTV, Le Figaro et RMC l'évalue à 57,6%.

"En dehors de 2020, on arrive à un record à la baisse sous la Ve République, marque d’une érosion lente depuis une quarantaine d’années", a expliqué à l'AFP François Kraus, directeur du pôle politique de l'Ifop.

Le sondeurs discerne des "raisons structurelles": "un éloignement des Français par rapport à leur maire" qui, cependant, "reste populaire".

Mais aussi des explications "conjoncturelles": une campagne éclipsée par la situation internationale et notamment la guerre en Iran. "La faiblesse du vote sanction" avec un gouvernement "très peu présent" et un nombre "famélique" de liste estampillées Renaissance. Mais aussi la réforme du mode de scrutin qui "a aussi engendré une réduction forte de l'offre dans les communes rurales", avec "deux tiers des communes représentant un quart des électeurs où il n'y a qu'une seule liste", détaille François Kraus.

-"Fatigue démocratique"-

"C'est un score historiquement bas pour des municipales, hors 2020", confirme Adélaïde Zulfikarpasic, directrice du pôle société d'Ipsos BVA.

Selon elle, "la lassitude des citoyens s'accentue, du fait notamment de la crise politique et de l'instabilité depuis 2 ans" et la dissolution de l'Assemblée, en plus du contexte international.

Élection la plus prisée des Français après la présidentielle, l'élection municipale n'échappe pas à l'érosion de la participation. "Cette fatigue démocratique touche désormais aussi l’échelon local. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour notre démocratie", estime Mme Zulfikarpasic.

Cette abstention, estimée entre 41,5% et 44%, représente également une baisse sensible par rapport à celle des élections législatives anticipées de juin 2024, consécutive à la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron. 66,71% des électeurs s'étaient alors rendus aux urnes pour désigner leurs députés.

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2022, la participation s'était établie à 73,69%.

Les disparités sont importantes entre les différents territoires, selon les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur à 17h00: 72,43% des électeurs avaient alors voté en Corse-du-Sud, et seulement 36,86% en Côte d'Or.

A Paris, Lyon et Marseille, les résultats provisoires sont disparates, alors que ces trois villes expérimentent cette année la réforme du mode de scrutin votée en 2025 et élisent désormais directement leur Conseil municipal, moyennant deux urnes et même trois à Lyon en comptant la métropole.

A 17h00, selon les chiffres de la Place Beauvau, la participation est en hausse à Paris à 44,01%, contre 39,57% au même stade en 2014. Elle est en revanche en baisse dans la cité phocéenne (46,80% contre 56,21%) comme dans la cité rhodanienne (48,27% contre 53,65%). Dans ces trois villes, les bureaux de vote ferment à 20h00.

Par Anne RENAUT, Baptiste PACE / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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