Démissions d'enseignants: "Ça fait quelque-chose, de voir le bateau s'en aller sans nous"

12 millions d'élèves retrouvent le chemin de leurs classes.: une rentrée marquée encore par le covid mais aussi par une certaine défiance vis à vis du ministre Jean-Michel Blanquer, de la part du corps enseignant. À tel point que des syndicats s'inquiètent du nombre record de démissions, par exemple dans les Pyrénées-Orientales.

L'école est-il le premier espace de discrimination entre garçons et filles ? - photo d'illustration. (LOIC VENANCE / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

Pour la reprise de l'école, 19 enseignants ne font pas leur rentrée sur le département des Pyrénées-Orientales, tous démissionnaires de l'éducation nationale. 19 d'un coup, c'est du jamais vu pour Jean-François Nogues, co-secrétaire départemental du Snu-IPP FSU:

"On est à la fois surpris, mais on s'y attendait un petit peu. Depuis l'ère du ministre Blanquer, tout ce qui nous est proposé, force est de constater que pour beaucoup de collègues, ça va dans le mauvais sens. On est remonté sur les années précédentes, où on avait traditionnellement quasiment aucun départ, aucune démission. Et là d'un coup 19 démissions, ce qui nous inquiète beaucoup évidemment."

 

Les raisons sont multiples dans ces démissions. De jeunes enseignants comme des plus expérimentés, usés par ces années comme Sylvie, 30 ans d'école maternelle derrière elle. À 50 ans, elle ne voulait plus continuer dans ce métier de passion:

"Quand on voit le temps qu'on peut passer à préparer, penser les choses, dans un pays où finalement ces choses ne sont pas trop payées... Ça fait quelque-chose, de voir le bateau qui s'en va sans nous."

 

Pour les syndicats, le malaise est profond et doit être entendu par Jean-Michel Blanquer. Selon eux, ce ne sont pas les revalorisations salariales promises par leur ministre qui vont stopper ce mouvement.