Daniel Quéro : "La politique routière de Paris vise à exclure d’abord les plus modestes"

Daniel Quéro : "La politique routière de Paris vise à exclure d’abord les plus modestes"

Daniel Quéro (président de 40 millions d’automobilistes) était ce samedi l'invité de Sud Radio. Extraits.

Invité ce samedi de l’émission "Ça roule", présentée par Laurence Péraud et Pierre Chasseray, le président de l’association "40 millions d’automobilistes" Daniel Quéro, est notamment revenu sur la politique routière mise en place par Anne Hidalgo à Paris, contre laquelle il se bat.

Bonjour Monsieur Quéro, on parle beaucoup de "40 millions d’automobilistes", alors on aimerait savoir ce que vous faites réellement et surtout quels ont été les combats que vous avez menés. Pouvez-vous faire un petit point ?

Voilà déjà un peu plus de 5 ans que je suis président de "40 millions d’automobilistes" et depuis un an, il y a beaucoup de sujets. Un qui est récurent, c’est le combat contre cette politique parisienne qui vise à éjecter totalement la voiture de Paris. Il faut savoir que "40 millions d’automobilistes" est une association nationale mais nous nous occupons, 50 % du temps pratiquement, de la politique parisienne, sachant que cette dernière peut inspirer d’autres villes de France. C’est pour ça que nous sommes toujours présents sur cette politique, il y a eu les voies sur berges mais aussi l’interdiction de rouler pour les véhicules anciens. Cette politique vise à exclure d’abord les gens les plus modestes de Paris donc c’est un vrai sujet qui nous occupe beaucoup.

Dans un article publié le 12 juillet dans le Figaro, l'essayiste Serge Federbusch affirme que les automobilistes Parisiens et les usagers des bus de la capitale "vivent un enfer à cause d’Anne Hidalgo". Qu’est-ce que vous en pensez ?

On s’aperçoit finalement que cette politique d’Anne Hidalgo et de son équipe, sous couvert d’amélioration de la qualité de l’air, ne fait qu’accroître en réalité la pollution parce que couper les voies sur berges, réduire la place de l’automobiliste et organiser des bouchons, ça fait certes moins de voiture mais ça provoque davantage de bouchons. Si bien que la récente étude qui a été faite par la région Île-de-France dit que la pollution a augmenté de 53 % dans le centre de Paris. En même temps, ils essaient d’interdire les voitures aux gens modestes qui ont un diesel ou une voiture ancienne. Comment voulez-vous que le citoyen comprennent cela ? C’est inadmissible et c’est un combat important pour nous.

La lutte contre le projet de privatisation des radars mobiles est également l’un de vos combats, où est-ce qu’on en est ?

Sur la privatisation, c’est un sujet important. Nous sommes le porte-parole des automobilistes et on s’aperçoit que plus de 85 % d'entre eux ne veulent pas de cette privatisation. Dans l’oreille du citoyen et de l’automobiliste, privatiser c’est d’abord un objectif de résultat et de rendement et c’est normal, tout ce qui est privé doit avoir du rendement. Donc sur ce sujet là, les gens ne croient pas que ce soit un objectif de sécurité routière mais plutôt un impôt supplémentaire et ils n’ont d’ailleurs pas tort. C’est pour ça que c’est un combat important. On a une politique qui est basée sur le "tout-radar" et on s’aperçoit qu’on ne progresse plus, voire que ça s’aggrave. Il serait donc temps de changer de logiciel de sécurité routière et arrêter de penser que le radar est la solution à tout.

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