Covid: des enseignants toulousains de lycée professionnel font valoir leur droit de retrait

Alors que le président Macron doit s'exprimer ce mercredi soir à  la télévision à propos de la crise sanitaire, il semble difficile d'appliquer partout correctement les protocoles sanitaires. Ce mardi à Toulouse, des enseignants de filière professionnelles du lycée Bellevue ont fait valoir leur droit de retrait. En cause : le manque de moyen pour assurer le minimum de règles sanitaires.

Un nouveau protocole d'accueil va être mis en place dans les lycées (Damien Meyer / AFP).
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

 

Nettoyage des salles, des tables ou encore des ordinateurs... Toutes ces mesures laissent pour le moins à désirer, selon ces enseignants du secteur professionnel de cet établissement de 2200 élèves. Kamel Tahar, professeur d’économie et de gestion:

"Ils sont huit élèves à se succéder sur une même table dans une journée, il y a une rotation toutes les heures. Donc on va retrouver huit élèves qui vont s'assoir sur une même chaise, mettre les mains sur la même table, sans qu'entretemps il y ait eu le moindre nettoyage. Je dirais même qu'à la fin d'une journée, d'une journée sur l'autre, le nettoyage n'est pas fait non-plus !"

 

Et que dire du passage au self... Trop d'élèves, trop d'attente, et des élèves qui sont parfois obligé de faire l'impasse sur le repas du midi, explique Youssef El Besri , professeur de mathématique et de sciences:

"On a même eu des élèves qui faisaient le choix de ne pas se restaurer, qui revenaient en cours l'après-midi sans avoir mangé"

 

Actuellement, trop d’agents sont absents et pas remplacés, explique Myriam Martin, professeur de lettre et d’histoire et élue à la région Occitanie:

"On est un peu en colère, parce-qu'on nous explique que Toulouse passe en écarlate, on nous renvoi toujours à notre responsabilité individuelle, mais l'Etat et la collectivité n'assurent pas leur responsabilité. Si on a pas de moyens humains pour faire face à la pandémie, évidemment qu'on va avoir des cas de covid qui se multiplient !"

 

Une rencontre avec le vice-président de la région Occitanie en charge de l'éducation est prévue ce mercredi.

 

"Pas de savon, pas de gel hydro-alcoolique, une cantine surchargée avec le risque de voir le réfectoire se transformer en bombe covid à retardement. On a des élèves qui ont besoin de changer de masques"