Confinement : comment s’est passée la première journée ?

Depuis mardi 17 mars à midi, vous êtes confinés chez vous. Seules les sorties essentielles sont autorisées, comme faire les courses ou aller à la pharmacie. Ceux qui ne respectent pas les restrictions risquent une amende de 135 euros. Une situation inédite qui bouscule le quotidien. Alors comment s’est passée cette première journée de confinement ? Grace Leplat de Sud Radio a pu joindre plusieurs Français.

Comment les Français ont-ils vécu leur première journée de confinement ? © AFP

Comment s’est passée la première journée de confinement ? Grâce Leplat a pu joindre plusieurs Français.

 

 

Entreprises : "ça me fait suer que ma trésorerie passe dans le coronavirus !"

La journée d’Olivier Butruille, chef d’une petite entreprise d’agencement de magasin, a commencé avec un choix difficile : "je suis parti à 6h50 de chez moi, en ne sachant pas véritablement quelle décision j'allais prendre, raconte-t-il, et puis on a décidé de fermer. C'est une décision que nous avons dû prendre seuls, j'aurais aimé que le gouvernement nous dise que si ce n'est pas de l'alimentaire ou du sanitaire, vous arrêtez !", ajoute-t-il.

Il a passé le reste de la journée à prévenir ses clients. "Maintenant, ça va être la guerre à la trésorerie, redoute-t-il. Pour ceux qui n'en ont pas, ça risque d'être tendu... C'est vrai que ça me fait suer que ma trésorerie passe dans le coronavirus avoue-t-il, je ne me suis pas tué à la tâche pour que ça fasse ça !"

 

 

"S'ils s'attendent qu'on délivre la même productivité qu'habituellement, ils se mettent le doigt dans l’œil !"

Une situation de télétravail qui n’est pas facile pour tout le monde. "Je martèle régulièrement à mon manager que c'est compliqué, pour qu'il ait vraiment conscience que je ne serai pas opérationnelle à 100%, explique Mathilde Fernet, qui a trois enfants en bas âges. S'ils s'attendent qu'on délivre la même productivité qu'habituellement, ils se mettent le doigt dans l’œil ! affirme-t-elle. C'est peut-être possible pour les gens qui n'ont pas d'enfant, mais moi le fait d'avoir les enfants à la maison, c'est un vrai handicap", ajoute-t-elle.

 

"ll y a des petites piqûres de rappel, comme le classique 'ici c'est pas l'hôtel' !"

Se retrouver confiné en famille est un défi pour Marie Becquart, jeune active de 25 ans. "Ça fait 4 ou 5 ans qu'on a quitté le domicile familial, le retour à la maison avec les parents, les frères et sœurs et les règles de vie communes, c'est vraiment un petit retour en arrière ! ll y a des petites piqûres de rappel, comme le classique 'ici c'est pas l'hôtel' ! confie-t-elle. On fait au mieux..."

Marie Becquart gère l'approvisionnement d'une entreprise de décoration de luxe : l'entreprise marche au ralenti. Elle a dû prévenir les fournisseurs étrangers. "C'est assez saisissant d'entendre la manière dont chacun vit la situation actuelle, rapporte-t-elle. Au Portugal, un de mes fournisseurs me dit qu'ils sont tous très inquiets pour le moment que les mesures ne soient pas assez restrictives pour être respectées. En Italie, on entend des trémolos dans la voix. On sent que la situation est compliquée pour tout le monde. On est vraiment face à quelque chose qui nous dépasse individuellement, on se rend compte de l'aspect global de cette crise".

 

 

Emmanuel Macron a annoncé le confinement total pour 15 jours, une mesure possiblement reconduite selon la progression du virus sur le territoire.

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