La nutrition est l'atout clef des sportifs. Les macro-nutriments : protéines, glucides et lipides sont de plus en plus contrôlés par les pratiquants de musculation ou de sport d'endurance. Mais, contrairement aux idées reçues, gérer ces différents apports même sans pratiquer de sport est très intéressant. Pour la nutritionniste Béatrice de Reynal, les besoins diffèrent selon les efforts, et beaucoup d'idées reçues persistent, notamment sur les protéines. Explications.
« On fait plus attention à son corps et à sa santé »
Si pour beaucoup faire attention à son alimentation est destiné aux sportifs, elle prévient : « cela ne veut pas forcément dire devenir un grand sportif, mais simplement entretenir son corps, être en meilleure forme, plus dynamique, se sentir mieux physiquement et mentalement. » Elle poursuit : « Désormais, une grande partie des actifs réserve du temps à une activité physique : marcher, courir, faire du yoga… peu importe l'intensité, cela fait partie du quotidien. »
« Avant, on était dans une logique : on boit, on fume, on mange sans trop faire attention, puis un jour le médecin dit ''attention, plus de sel, plus d'alcool, plus de sucre'' », selon Béatrice de Reynal, mais avec le conditionnement des réseaux sociaux et l'évolution des mentalités, « on est davantage dans une logique de prévention, continuer à se faire plaisir, mais en faisant plus attention à son corps et à sa santé. », dévoile-t-elle.
« Il faut distinguer les sports de force et d'endurance »
Alors, aujourd'hui beaucoup de méthodes parfois « inadaptées » circulent sur les réseaux sociaux : arrêter le sucre, faire des jeûnes intermittents, ne plus manger de lipides (graisses)… La nutritionniste explique : « Il faut déjà distinguer les sports de force, comme la musculation, et les sports d'endurance, comme le marathon, le football ou le tennis. Les stratégies nutritionnelles ne sont pas les mêmes, et beaucoup de gens les confondent. »
Concernant les protéines, elle décrypte : « Après une séance de musculation, cela peut être utile (d'en prendre) pendant les quinze minutes qui suivent l'effort pour aider à réparer les fibres musculaires. En revanche, prendre beaucoup de protéines avant une épreuve d'endurance est contre-productif, car les protéines demandent beaucoup d'eau pour être métabolisées, alors que l'eau est justement essentielle à la performance sur les longues distances. »
Faut-il prendre des shots de protéine ?
« Pour les efforts longs, le corps utilise surtout les réserves de graisse, puis les sucres stockés dans les muscles lors des phases plus intenses, comme un sprint final. », explique Béatrice de Reynal, validant l'idée qu'arrêter le sucre et les graisses n'est pas une solution. Même dans le cas où il y a une volonté de perte de poids, en pratiquant des sports d'endurance, les glucides et les lipides sont obligatoires.
Elle dévoile également pour les sports d'endurance qu'« il faut surtout de l'eau, parfois un peu de sucre et de sel selon la température et le niveau d'entraînement. » Donc « prendre des shots de protéines » n'est pas toujours la solution la plus pertinente.
Une importance contestée ?
« Aujourd'hui, on voit des produits protéinés partout, même des gâteaux au chocolat. » juge la nutritionniste. Mais ces produits sont souvent très transformés et l'absorption de certaines protéines, comme celles-ci, est plus difficile que dans des aliments non transformés comme le poulet, les sardines ou les pois chiches.
« Les protéines ont un fort pouvoir rassasiant et beaucoup de gens pensent donc que manger des protéines suffit à se muscler, conclut Béatrice de Reynal. Mais sans activité physique, cela ne construit pas de muscle. » Malgré cela, elles sont nécessaires pour « certaines populations, notamment les seniors, qui ont effectivement des besoins plus importants en protéines. » Donc les protéines, c'est oui, mais ce n'est pas un aliment miracle pour se muscler sans sport !