CHU de Toulouse : "On demande juste à travailler dans des conditions normales"

L'hôpital des enfants de Toulouse compte désormais 8 lits pour bébés en moins
L'hôpital des enfants de Toulouse compte désormais 8 lits pour bébés en moins REMY GABALDA / AFP

Le service de néonatalogie du CHU de Toulouse tire la sonnette d'alarme. Depuis un mois, 8 lits pour accueillir les bébés prématurés ont été supprimés. Une situation problématique qui ne fait que s'ajouter à la liste des soucis déjà existants. 

Le service de néonatalogie du CHU de Toulouse est au bord de l’implosion. Épuisement, manque de matériel, de personnel et de médecins, les soignants sont inquiets pour le futur. L’inquiétude première c’est le manque de lits : depuis un mois, 8 lits pour accueillir et soigner les bébés prématurés ont été fermés. Ces fermetures entraînent des charges de travail supplémentaire pour le personnel qui croule déjà sous les tâches, comme l’explique Carine, infirmière dans ce service : "Nous sommes obligés de faire des transferts en urgence dans des hôpitaux périphériques puisque nous ne pouvons plus accueillir autant qu’avant. Cela oblige également les médecins à remplir d’innombrables dossiers et ça fait un effet domino sur tout le reste : le SAMU est obligé de faire ces transferts et pendant ce temps ils ne peuvent pas faire leurs interventions classiques".

Lundi, après 4 heures d’attente, le service de néonatalogie a enfin pu obtenir un rendez-vous avec la direction en fin de semaine, pour trouver des solutions. "Nous demandons simplement à travailler dans des conditions normales, comme on devrait pouvoir le faire dans un service néonatal de niveau 3. Pour l’instant c’est catastrophique" se désole Carine.

Le personnel est soutenu par les médecins dont un aurait fini en larmes au dernier CHSCT (comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail) selon La Dépêche. Toujours selon ce dernier, les médecins travailleraient jusqu’à 3 semaines d’affilée sans aucun jour de repos. Inquiet et mobilisé pour leur service, le personnel de néonatalogie devra patienter jusqu’à jeudi après-midi pour porter leurs doléances à la direction. Les 8 lits absents, eux, seront de retour fin août.

Mise à jour le 19 juillet : 

Le CHU de Toulouse a tenu à s'exprimer sur les raisons de son choix de fermer ces lits. Confrontés à une situation d'absentéisme, le CHU a pris la décision de concentrer ses ressources humaines sur les lits de réanimation néonatale, soit les cas les plus urgents, d'où le gel des 8 lits de soins standards. D'autres mesures ont également été prises pour garantir la sécurité des soins et des prises en charge et pour assurer les effectifs soignants requis par les normes des services de néonatalogie. 

Propos recueillis par Adeline Divoux

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio