Chaos au Stade de France : "On n’a pas anticipé la délinquance"

Après avoir enquêté et mené des auditions, les sénateurs dénoncent le manque de préparation autour de la finale de la Ligue des Champions.

stade de france
Des supporters de Liverpool attendent à l'extérieur du stade lors de la finale de la Ligue des champions de l'UEFA entre Liverpool et le Real Madrid au Stade de France à Saint-Denis, au nord de Paris, le 28 mai 2022. (THOMAS COEX - AFP/Archives)

Le Sénat dénonce le manque de préparation autour de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France. Après l’enquête et les auditions menées, le principal dysfonctionnement aurait été la mauvaise orientation des spectateurs.

Un dispositif de filtrage exceptionnel

"Nous avons découvert que l’UEFA avait souhaité mettre en place une sorte de filtrage exceptionnel, qui n’avait jamais eu lieu auparavant lors des matches, explique Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice Les Républicains du Val d’Oise, membre de la commission des lois. C’est ce qui a entraîné la concentration des supporters. Ce qui est fou, c’est que la FFF avait proposé un jalonnement pour orienter les supporters ayant des billets, et ceux venant autour pour partager la joie même s’ils n’en ont pas. Ce jalonnement a été refusé par la préfecture de police."

"Nous avons aussi appris que la grève du RED D n’était pas si conséquente. 80% du trafic fonctionnait. On aurait pu donner l’information pour répartir les supporters sur la ligne B et la ligne D. Nous allons essayer de démontrer que la plus grosse responsabilité revient à l’État qui n’a pas su prendre les bonnes décisions. Le préfet chargé des grands événements a dit qu’il n’aurait probablement pas fait comme cela."

 

Stade de France : "Un magistrat de permanence"

"Nous avons découvert hier qu’il y avait un magistrat de permanence pour ce match, explique également Jacqueline Eustache-Brinio. Deux personnes étaient censées pouvoir saisir les images : le commissaire de police qui était là et ce magistrat. Il y a quand même des choses qui nous interrogent. Ils avaient sept jours pour le faire, y compris le ministre. On se demande pourquoi on n’a pas voulu saisir les images. Oublier de le faire était quand même étonnant. On peut garder les images 30 jours, mais le Stade de France ne les a plus, il a un mode de fonctionnement de sept jours. La SNCF et la RATP les gardent 72 heures. Il semblerait que la Préfecture de Police ait conservé les images plus longtemps, car nous n’avons pas de preuves des concentrations."

Quid des témoignages des supporters anglais quant à la délinquance ? "On nous dit que, dès 14h, il y avait déjà des troubles, des gens autour du stade. Le problème est qu’on n’a pas anticipé la délinquance, mais anticipé la foule des pseudo hooligans que l’on n'a jamais vus. La police n'était pas spécialisée dans le traitement de la délinquance mais de la gestion de la foule. Tout démontre que l’on n'a pas su anticiper et prendre les bonnes décisions."

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