Cancer en temps de Covid - Opérations déprogrammées, dépistage tardif et visites restreintes

Par peur de tomber malade ou par peur de saturer un peu plus les hôpitaux, beaucoup de patients atteints de cancer en phase précoce ne sont pas venuss se faire dépister. Entre retards de prise de consultation et trop longue attente du résultat de dépistage, les médecins s'inquiètent. D'autant que la saturation hospitalière amène à déprogrammer ou retarder des interventions chirurgicales.

Le président de la République en visite à l'institut Gustave Roussy Ià Villejuif à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le cancer. (Photo de Ludovic Marin / AFP)

Un reportage de Grâce Leplat pour Sud Radio.

 

En pleine épidémie de Covid, les médecins veulent profiter de la journée mondiale contre le Cancer ce jeudi pour alerter sur la baisse du nombre de dépistages mais aussi sur le trou engendré par la crise en matière de prise en charge des patients.

L’Institut national du cancer estime qu’entre 25 000 et 30 000 exérèses (ces interventions chirurgicales qui consistent à retirer une tumeur) n’ont pas eu lieu entre les mois de mars et octobre 2020.

 

Des retards de diagnostics en raison de la peur de se présenter à l'hôpital pendant le confinement de mars

Jean Yves Blay est le président d’UniCancer et le directeur du centre de lutte contre le cancer de Lyon. Il exhorte à se présenter à l'hôpital ou à son médecin dès lors qu'il y a un doute ou une douleur persistante.

"Une patiente me disaient qu'elle s'était rendue compte qu'il y avait une tumeur qu'elle pouvait palper début 2020 et elle est arrivée à l'hôpital au mois de juin alors que la tumeur avait de toute évidence évolué. Une petite lésion fait désormais la taille d'une prune. Un retard peut entraîner une progression de la maladie qui va changer le stade de diagnostic et être moins fréquemment curable. C'est en rapport avec le confinement et la crainte de se présenter dans les hôpitaux. Voire même la difficulté à s'y présenter puisque les consultations n'étaient pas toujours faciles à avoir."

 

Le triste quotidien d'Émilie, diagnostiquée tardivement, qui ne peut pas voir ses amis

Émilie Daudin, entrepreneur et blogueuse, a découvert son cancer du sein en novembre et a partagé ces quelques mots sur ses réseaux sociaux après une année difficile.

"En commençant cette année, je n'aurais jamais cru la terminer en posant le crâne rasé, en luttant contre cette maladie qui m'a tant fait peur."

"J'ai eu des douleurs pendant des mois, on m'a dit que c'était autre chose, une déchirure musculaire. Ce qui m'est arrivé n'aurait pas dû arriver. Une lenteur aussi importante pour avoir un diagnostic posé, ça a pris quasiment neuf mois. C'est très long. Heureusement que mon cancer n'était pas fulgurant. Depuis, elle suit une chimiothérapie. Émilie ajoute : "j'avoue que c'était angoissant de se dire au début que je vivais un cancer en temps de Covid. On n'a pas le droit de venir accompagné. J'aimerais vraiment voir mes amis le week-end et oublier que j'ai un cancer".

S’ajoute la crainte que son intervention chirurgicale soit déprogrammée. Pour le moment, elle partage son combat sur les réseaux sociaux. Avec pour but de montrer l’importance du dépistage alors qu’1 femme sur 8 développera un cancer sein au cours de sa vie.

"Je me suis dit aussi que c'était l'occasion de servir d'exemple au niveau de l'influence. Ce qui a permis à 5000 lectrices de faire la mammographie qu'elles devaient faire depuis longtemps et cela a donc permis à pas mal de personnes d'avoir un diagnostic précoce de cancer".

Pour soutenir la recherche contre le cancer, elle a imaginé un T-shirt : « Mama Warrior » (maman guerrière), que vous pouvez retrouver en précommande sur le site MyTravelDreams.

Émilie Daudin a découvert son cancer du sein en novembre, avec un retard de neuf mois sur le diagnostic.


Revenir
au direct

À Suivre
/