Baguette à 0,29€ chez Leclerc : "Les responsables ce sont nous, les consommateurs"

Leclerc a baissé le prix de sa baguette à 0,29€ pour les quatre prochains mois au grand désarroi des boulangers. Pour Élisabeth Lévy, le fautif, c'est le consommateur.

Michel-Edouard Leclerc. (Jean-Francois MONIER / AFP)

Michel-Edouard Leclerc annonce que, dans ses magasins, le prix de la baguette sera bloqué à 29 centimes pendant quatre mois. Pour Élisabeth Lévy, si les boulangers ont tord de critiquer cette mesure car le fautif dans tout ça : c'est nous. 

"C'est un joli coup de com' ! Cela concerne un produit emblématique qui a été longtemps la base de l’alimentation. La baguette est le symbole de la France, d’ailleurs il est presque impossible d’en trouver une bonne hors de nos frontières. Nous sommes dans un contexte inflationniste et d'inquiétude pour le pouvoir d’achat dont Michel-Édouard Leclerc se fait le champion". 

"Alors que le coût des matières premières augmente, boulangers et céréaliers hurlent à la démagogie, voire à la concurrence déloyale. "Quand M. Leclerc aura vidé toutes les boulangeries des centres-villes, ira-t-il apporter du pain dans les maisons ?" s’indigne le président du syndicat de la boulangerie-pâtisserie". 

Au vu de l'écart de prix de la baguette, on peut les comprendre, non ? 

"Oui, même si ces cri d’orfraie participent à la com. C'est d’autant plus une réussite qu’en réalité, il n'y a rien de nouveau: cela fait longtemps qu’on trouve des baguettes à ce prix chez Leclerc. De plus, la plupart des gens continuent à acheter leur baguette chez le boulanger". 

"Cependant, au-delà de la baguette, les petits commerces ne peuvent pas s’aligner et les producteurs sont obligés de vendre à très bas prix. La concurrence des hypermarchés est le premier facteur de la dévitalisation des centres-ville". 

"Il est trop facile de s’en prendre à Leclerc. C'est un industriel, pas un philanthrope. Les véritables responsables: ce sont vous-et-moi, les consommateurs, qui achetons dans ces hypermarchés. Il serait malvenu de s’en prendre aux gens qui voient les prix monter et leur salaire stagner, ce qui est une des données du problème. On doit pouvoir vivre de son travail, c'est-à-dire acheter son pain et son essence sans priver ses gosses de chaussures". 

Nous sommes tous schizophrènes. Nous voulons des industries en France mais payer notre I-Phone au prix du travail chinois. Nous voulons payer le moins cher possible mais avoir des petits commerces. Désolée mais ça ne marche pas. Nos villes sont ce que nous en faisons. Nous ne sommes pas seulement des consommateurs mais aussi des citoyens et des êtres humains... qui ne vivent pas que de pain".

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