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Altercation avec des policiers: le député insoumis Sébastien Delogu en garde à vue

Le député insoumis Sébastien Delogu a été placé en garde à vue jeudi suite à une altercation avec trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où il réside, a annoncé le parquet de Marseille.

Sébastien Delogu devant un bâtiment à Marseille.
Miguel MEDINA - AFP

Le député insoumis Sébastien Delogu a été placé en garde à vue jeudi suite à une altercation avec trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où il réside, a annoncé le parquet de Marseille.

"Le parquet de Marseille confirme le placement en garde à vue de Sébastien Delogu dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé le parquet en réponse à une question de l'AFP.

Jeudi en début d'après-midi, une équipe de l'AFP a vu arriver le député de La France Insoumise au commissariat à Marseille, en compagnie de son avocat, pour une audition portant sur cette altercation qui s'est produite lundi.

Trois policiers avaient porté plainte suite à l'incident, tout comme le député LFI, dont l'avocat Yonès Taguelmint a confirmé jeudi qu'une plainte contre X avait été déposée pour injures et violences physiques.

D'après la Constitution, un parlementaire ne peut être arrêté ou faire l'objet d'une "mesure privative ou restrictive de liberté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'assemblée dont il fait partie (ou…) en cas de crime ou délit flagrant ou de condamnation définitive."

Les faits se sont produits lundi vers 15H15: trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, tentaient de pénétrer dans l'immeuble où habite le député marseillais.

Affirmant que les policiers n'avaient pas décliné leur identité, M. Delogu a refusé de les laisser entrer avant de les retrouver quelques instants plus tard sur son palier, où les échanges ont dégénéré.

Le parlementaire avait transmis aux médias un enregistrement vidéo partiel de l'incident.

- Echange d'injures -

Selon la version du député, il rentrait dans sa copropriété et s'apprêtait à en fermer la porte laissée ouverte quand, a-t-il raconté à l'AFP, "une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé donc je refuse de la laisser ouverte".

"Ces personnes me suivent jusqu'à mon domicile, je leur demande leur carte de police. Ils me sautent dessus en me traitant de +bon à rien+". Il affirme également que l'un des agents lui a lancé "+tu pues de la gueule+" et porté "un coup sur la poitrine".

De leur côté, les policiers ont porté plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique", affirmant dans des PV que l'AFP a pu consulter que M. Delogu s'était opposé "physiquement" à leur entrée dans l'immeuble, avant de les traiter notamment de "bande de fatigués" ou encore, pour l'un d'eux, de "trou du cul".

L'homme recherché a été interpellé sans encombre dans un appartement situé en face de celui de M. Delogu.

Selon les déclarations des policiers consultées par l'AFP ils auraient eu plus tôt dans la journée un contact téléphonique avec M. Delogu via une voisine, et le député leur aurait ensuite indiqué qu'il avait contacté le suspect pour lui indiquer que la police était à sa recherche.

M. Delogu, interrogé par message mercredi par l'AFP sur ces affirmations, n'a pas répondu.

Le député des quartiers Nord de Marseille s'était fait connaître du grand public en brandissant un drapeau palestinien en séance à l'Assemblée nationale pour dénoncer la situation à Gaza en mai 2024, lui valant une exclusion temporaire de l'hémicycle.

Il a été condamné en 2025 pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille.

Fin mai, il a porté plainte contre un homme qui l'aurait insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien.

Il doit également comparaître le 21 octobre devant la justice pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël.

Par Wafaa ESSALHI et Tony GAMAL-GABRIEL / Marseille (France) (AFP) / © 2026 AFP

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