Un simple hasard de calendrier ? Le Medef organise ce jeudi un grand débat avec sept candidats à la Présidentielle alors que dans le même temps, François Hollande sort du bois. L'ancien président de la République (2012-2017) sort ce jeudi un livre-programme qui présente 80 propositions pour « redresser la France ». Écologie, travail, immigration : dans un entretien accordé par ailleurs au Point, l'actuel député de Corrèze dessine son projet, mais prévient qu'il ne participera pas à la primaire du Parti socialiste et de Place publique. S'il se présente, ce sera en se positionnant comme l'alternative crédible pour la gauche et le centre.
« Je ne présente pas un programme qui serait celui de 2012 en mieux »
Dans son ouvrage Unir, nouveau monde, nouvelle gauche, François Hollande défend un programme qu'il distingue de celui de 2012 : ses 80 propositions comptent une vingtaine de mesures supplémentaires par rapport à son projet initial. Il s'en explique dans son entretien au Point, réfutant l'idée d'un simple copier-coller amélioré de son premier mandat.« Je ne présente pas un programme qui serait celui de 2012 en mieux » assène-t-il.
La retraite pour thème central
Parmi ses propositions phares, l'ancien chef d'État revient longuement sur la question des retraites. Après avoir combattu la réforme portée par son successeur — qui a porté l'âge légal à 64 ans — il propose de revenir à 63 ans. « Le dossier des retraites reviendra inéluctablement sur la table », écrit-il.
Pour financer cette mesure, François Hollande veut allonger la durée de cotisation plutôt que reporter l'âge légal, comme il l'avait fait durant son quinquennat (2012-2017). Il estime que « l'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence ». Concrètement, précise-t-il, « au 1er janvier 2028, l'âge légal sera aux alentours de 63 ans », point de départ d'un relèvement progressif des durées de cotisation, « à travers un mécanisme d'ajustement à la main des partenaires sociaux ».
Il propose aussi de limiter à 1 % pendant cinq ans l'indexation des pensions — un gain qu'il juge équivalent à un report d'un an de l'âge de départ — et d'introduire une part de capitalisation contrôlée par les partenaires sociaux.
Hors de question de participer à la primaire
François Hollande l'annonce sans détour : il ne participera pas à la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique. Il critique notamment le calendrier retenu par les deux partis : « La date choisie [les 9 et 10 octobre prochain] n'est pas la bonne », estime-t-il.
« La plus grande urgence n'est plus simplement de rassembler les socialistes, ou la gauche, mais d'unir les Français », affirme le député de Corrèze — une ligne qui le distingue de Raphaël Glucksmann, lequel a fait le choix inverse en s'engageant dans la primaire.
François Hollande conditionne sa candidature à la présidentielle 2027 à deux critères : que « la situation l'exige » d'ici la fin de l'année, et qu'un rassemblement lui semble possible « sous [sa] bannière, à gauche et au centre ». Il annonce qu'il tranchera à la mi-décembre. « Si, en revanche, une candidature proche de ma sensibilité s'est imposée avec une perspective de victoire, pourquoi viendrais-je troubler la donne ? ». Mais pas sûr que l'animal politique qu'il est y croit une seule seconde.