Les images ont fait le tour du monde. Hier mercredi 26 août 2026, l'effondrement d'un glacier en haute altitude dans l'Himalaya a engendré une réaction en chaine monstrueuse, provoquant des coulées de boue dévastatrices entre la Chine et le Népal. Le bilan, encore provisoire, dépasse les 160 morts et plus d'un millier de disparus.
Cette catastrophe fait émerger une question : une telle situation est-elle possible en France ? Si l'Hexagone ne compte pas autant de glaciers qu'au Népal (environ 3 500, contre plusieurs milliers côté népalais), selon les experts, une catastrophe similaire pourrait bel et bien survenir sur notre territoire.
What Actually Triggered the Nepal–Tibet Border Flash Flood?
— Deadly Kalesh (@Deadlykalesh) August 27, 2026
A massive ice and rock avalanche from a glacier triggered a chain reaction near the Nepal–China border. The avalanche and debris blocked the river, forming a temporary barrier lake. When the blockage gave way, a… pic.twitter.com/raaCcjQClO
Déjà une lave torrentielle en France en 2024
La France a déjà connu un événement comparable en 2024 : le hameau de La Bérarde, dans le massif des Écrins, a été en grande partie détruit par une lave torrentielle issue de la vidange d'un lac supra-glaciaire. D'après Xavier Cailhol, doctorant en glaciologie et guide de haute montagne, s'il y a un endroit où une catastrophe d'ampleur pourrait se reproduire, c'est bien dans les Alpes. Il souligne que le massif du Mont-Blanc, où plusieurs glaciers suspendus sont sous surveillance, présente des risques réels de rupture.
La commune de Tignes est particulièrement concernée : en août 2025, un pan du glacier de la Grande Motte, qui la surplombe, a montré des signes d'effondrement imminent. Selon certains scénarios, un tel évènement pourrait menacer directement la commune si les habitants n'étaient pas prévenus à temps. La ville de Grenobles est placée sous haute surveillance car si un scénario similaire n’est pas envisagé, le risque est réel. En 1892, le territoire avait connu la catastrophe de Saint-Gervais en 1892 avec la rupture d'une poche d'eau du glacier de Tête Rousse entraînant la mort de environ 200 personnes.
Une surveillance accrue
Si une telle catastrophe est possible, les experts se veulent rassurants. Ils estiment que l'évènement du Népal rappelle surtout le besoin de renforcer la surveillance des glaciers. Certes, il n'existe pas de surveillance individuelle de chaque glacier, mais les principaux points à risque font l'objet d'un suivi approfondi. Depuis 2024, la France s’est dotée d’un plan de prévention des risques glaciaires et périglaciaires pour faire face à l’accélération de la fonte et du dégel et du permafrost.
Les experts estiment que, contrairement au Népal, la France dispose des moyens nécessaires pour surveiller les zones dangereuses de son territoire : études menées par des alpinistes, capteurs de mesure, radars, voire recours à des satellites. Tous reconnaissent cependant qu'avec le réchauffement climatique, il devient de plus en plus difficile d'obtenir des mesures fiables.