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À Géménos (Bouches-du-Rhône), les ex-Fralib ont monté leur propre coopérative

Par Benjamin Jeanjean

Prenez la parole sur Sud Radio. Aujourd'hui, Stéphane Burgatt était à Géménos dans les Bouches-du-Rhône, dans l’ex-usine Fralib. Une usine transformée aujourd’hui en Scop, un modèle qui ravit les employés.

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À l’été 2011, Unilever, propriétaire de l’usine Fralib de Géménos (Bouches-du-Rhône), faisait part de son souhait de délocaliser le site en Pologne. Après plusieurs années de bras de fer, les ex-salariés ont créé leur propre coopérative participative, Scop Ti, pour s’en sortir. Et dans cette nouvelle organisation, place à la polyvalence. "Ma fonction dépend des besoins de la coopérative. Je peux être opérateur machine, je peux être derrière un ordinateur, je peux être au ménage, etc. Il faut être polyvalent sans être un esclave. Nous sommes nos propres patrons. (…) En travaillant pour le collectif et les copains, tu n’as pas cette notion de dévalorisation du travail. Avant, on était juste bons à produire et fermer notre gueule", explique Yves Baroni, salarié de la coopérative.

Au-delà du travail, les écarts salariaux ont également été entièrement repensés sur le site. Alors que l’écart entre les salaires pouvait aller de 1 à plus de 200 sous Unilever, il est désormais de 1 à 1,5, soit à peine 200€ d’écart entre le plus petit et le plus haut salaire. "On n’a jamais voulu créer ces écarts énormes qu’il y avait avant, avec cette politique de mettre toujours en concurrence les personnes. On a une hiérarchie parce qu’il le faut, mais ce n’est pas comme ça qu’on le voit. On est tous coopérateurs, chaque personne a une voix, point barre", explique Marc Decugis, nouveau directeur général.

Ancien salarié de l’époque Fralib, Omar est aujourd’hui sans emploi mais continue de venir aider bénévolement ses collègues, en attendant que la Scop Ti ait les moyens de l’embaucher. Il porte un accord désabusé sur les grandes manœuvres en cours du côté du gouvernement pour redessiner un nouveau code du travail. "De partout, on est mis à mal. Si vous mettez dans la rue toutes les corporations mises à mal, ça ferait combien de millions de personnes ? C’est quoi cette précarité ? Quand est-ce qu’on sera tranquille pour avoir un boulot, et qu’on sera défendu par des lois qui protègent le salarié et pas le patronat ?", déplore-t-il.

Face à cette précarité, le modèle des Scop est-il la solution ? C’est ce que pense Marie-Claire Amato, fonctionnaire à la retraite. "Les Fralib ont donné un tel exemple qu’on a envie qu’ils gagnent. L’objectif principal est que la Scop soit pérennisée et fonctionne, pour qu’on puisse démontrer qu’il y a une autre façon économique de faire avancer les choses", espère-t-elle.

Réécoutez le reportage de Stéphane Burgatt dans les Bouches-du-Rhône, ainsi que l’interview d’Olivier Leberquier, l’un des dirigeants de la Scop Ti.

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